QUE FAIT LA POLICE ?

QUE FAIT LA POLICE ?

Excès et société


Pénible thème que celui-là : la police ! En effet, il est difficile, voire impossible, d'échapper à un parti pris car si on défend la police on est classé du côté des « autoritaires » dans le style médiocre de la ministre de l'Intérieur... Par contre, si on critique les dérives réelles de la police on est étiqueté partisan du désordre, gauchiste, etc.Il n'en demeure pas moins que le fait d'étudier la police et ses pratiques est légitime en démocratie, de plus, il n'est pas impossible de tenter une approche objective, c'est à dire qui part de la réalité prouvée et non de présupposés idéologiques.


Une police à la fois républicaine et excessive ?

Cette étude de la réalité policière nous amène à plusieurs constats à rebours des idées reçues : OUI la police est républicaine et agit par et pour la loi. La police se renouvelle et recrute dans tous les milieux, politiquement elle n'est guère plus à « droite » que la moyenne nationale.OUI aussi la police commet aussi de plus en plus d'excès. Ces deux affirmations, loin d'être contradictoires sont plutôt complémentaires et s'expliquent autant par la politique suivie en haut lieu que par la réalité sociale de la délinquance.
Les bavures graves dans la police françaises sont assez rares. Il y a des années que plus personne n'a été tué par des policiers qui abusaient objectivement de leurs armes. Les cas récents les plus graves impliquaient des policiers en dehors des heures de services . Ces individus sont, à l'heure actuelle, suspendus ou révoqués. Les suicides dans la police sont nettement plus meurtriers que les bavures... Cela devrait faire réfléchir au problème. Quand la police agit elle use habituellement de la contrainte avec discernement. Or, il est vrai également que les incidents (insultes, coups, gardes à vue peu justifiées, etc.) sont en très nette augmentation comme ces CRS frappant des collégiens dans une gare parisienne à deux pas d'étudiants qui manifestaient... Incident qui a fait bavarder la ministre.C'est N. Sarkozy qui a décidé et imposé une politique plus répressive face à la petite délinquance. Une combine politicienne qui l'a bien servie électoralement mais qui pose pas mal de questions sur l'efficacité réelle de cette stratégie. Une politique plus répressive ? Pourquoi pas, mais avec quels moyens ? Pour quelles fins ? Et avec quelle efficacité ?


Quantité et qualité

La question des moyens est centrale dans notre analyse car si l'Etat a souhaité que la police agisse davantage et plus durement envers les délinquants, ce corps de fonctionnaires n'a pas bénéficié des moyens nécessaires. Loin s'en faut ! Les policiers sont trop peu nombreux, pas très bien formés et surtout trop mal payés  pour être efficaces et motivés sur le terrain. Incités financièrement à « faire du chiffre » les policiers sont réduits à être plus durs pour être plus payés : les gardes à vue s'envolent donc pour parfois pas grand chose (alcool au volant), les amendes pleuvent, les sans-papiers sont traqués sans discernement, etc. Une politique de la quantité qui masque une baisse de la qualité des opérations... En banlieue le face-à-face entre jeunes policiers bleus et jeunes habitants de toutes les couleurs est permanent et surtout stérile. La délinquance se modifie, mute et s'adapte sans que la police n'y puisse grand chose. La politique actuelle de répression (policière et judiciaire) n'y change rien : quand les frontières sont ouvertes et que la délinquance s'internationalise, la police ne peut qu'intervenir trop tard et pas toujours au bon endroit. Impuissant l'Etat préfère agiter ses fonctionnaires qui, se sentant impuissants, sont poussés à l'excès. C'est le sens d'une vidéo montrant récemment des bagarre dans un bus parisien, c'était un « simple flic » qui l'avait mise en ligne. La misère sociale entraîne la violence. Les policiers se sentent aussi impuissants que certains enseignants subissant une réalité sociale si désespérée que les services publics sont toujours des services « minimums ». Les vraies causes de la délinquance et de la violence qui minent le quotidien des Français est davantage due aux aléas de la mondialisation et aux inégalités qui progressent que dans une répression trop molle. Les « modèles » américain ou sud-africain montrent bien que quand l'Etat frappe plus fort, les délinquants frappent à leur tour plus violemment et ainsi de suite jusqu'à trouver des situations de guerre civile comme au Mexique. Veut-on en arriver là ? La répression est le métier de la police, mais réduit uniquement à cela il ne mène qu'à des bavures et autres excès tolérés en hauts lieux comme défaut d'une machine qui fait du chiffre et permet au ministère de communiquer... L'action doit être plus globale et surtout pas se traduire par une facile « prévention » qui n'a jamais empêché quoi que se soit.
L'Etat devrait frapper davantage les causes de la délinquanceDans une société qui fabrique des exclus, des inégalités et de la violence sociale, les policiers, eux-mêmes mal payés, sont vite réduits à être les acteurs d'une réalité de plus en plus injuste ou perçue comme telle. Leur quotidien est souvent fait de collisions avec le désastre social...L'Etat serait donc mieux inspiré de frapper davantage les causes de la délinquance et non ses effets immédiats toujours renaissant et empirant car si l'enfermement des délinquants est une solution logique, reste à savoir comment vont ressortir ces individus. L'état pitoyable des prisons françaises ne fait que fabriquer de nouvelles générations de voyous encore pires à la sortie... Là aussi l'Etat ne fait pas son travail et privilégie le discours et non la réalité. Une méthode bien sarkozienne...
Les défenseurs de la police ignorent donc volontairement (ou non) leur quotidien et leurs revenus modestes au regard de leur tâche immense. Comme si tolérer des bavures pouvait remplacer le salaire. A l'inverse les accusateurs de la police oublient souvent sciemment de rappeler que l'immense majorité des policiers sont des fonctionnaires investis dans leur fonction et surtout efficaces dans la sauvegarde de la tranquillité publique. Des gens pas plus racistes que les autres catégories sociales.Souvent manipulée par des autorités hypocrites la police nationale est, comme les gens qu'elle interpelle, le dindon de la face libérale qui affaiblit le bien commun au profit de petits (et gros) intérêts personnels.

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