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La “bonne télé” est-elle cassée ?

 

Exitrump

La droite us va-t-elle accélérer la fin de l'expérience ?

La dynamique trumpienne est-elle enrayée ? Autrement dit, la “bonne télé” -une occupation permanente, provocatrice et saturante des médias- est-elle en train de se retourner contre son architecte ?

Retour en arrière. Réélu avec seulement 0,8 % d’avance sur K. Harris, Trump a imposé son tempo médiatique : déclarations fracassantes, omniprésence, scandales... La méthode est rodée, l’objectif est limpide : saturer l’opinion, sidérer les adversaires, maintenir une tension permanente et, surtout, capter l’attention à tout prix.

Et, dans un premier temps, la stratégie fonctionne. Sa base est galvanisée, ses opposants déboussolés, le monde fasciné.

Mais derrière le bruit, les résultats peinent à suivre.

beaucoup de bruit pour rien

Les promesses centrales du trumpisme (restaurer la puissance américaine) restent largement inabouties. Comme sa gestion de la Corée du Nord, c'est beaucoup de bruit pour rien. Les économies budgétaires confiées à Elon Musk sont oubliées, les droits de douane ont été partiellement invalidés et surtout, le conflit avec l’Iran s’enlise dans une impasse coûteuse, alimentant une inflation qui frappe directement l’électeur moyen.

Dans le même temps, la dynamique complotiste qui avait porté Trump semble se retourner contre lui. Les révélations autour de ses liens avec Jeffrey Epstein alimentent désormais la défiance jusque dans ses propres rangs. Quant à ICE, cette basse police mécontente une majorité de sondés après avoir assurer le show.

Peu à peu, une évidence s’installe chez une partie de son électorat : celle d’un oligarque parmi d’autres, parlant beaucoup, gouvernant peu, et continuant surtout de s’enrichir avec son clan (les délits d'initiés s'accumulent).

Pendant ce temps, les défis structurels des États-Unis demeurent intacts. La dette reste colossale, les taux d’intérêt ne fléchissent pas, la Chine s’impose plus que jamais comme un empire rival et les inégalités continuent d’éroder la classe moyenne. Et pendant ce temps les ministres valsent. Magique ?

Sur le plan international, le bilan est tout aussi piteux. Celui qui se voulait pacificateur n’a rien pacifié du tout : la Russie n’a rien signé et la droite israélienne est un démon meurtrier qui fracture désormais jusqu’à la galaxie MAGA (les amis de Netanyahou agressent des chrétiens à Jérusalem !). Des figures comme Tucker Carlson relaient quotidiennement ces tensions et dénoncent des trahisons.

Certes, toute dynamique politique connaît une forme d’usure. Mais dans le cas présent, un phénomène plus rapide pourrait être à l’œuvre : une accélération interne du déclin.

Trump pourrait devenir un

risque pour son propre camp

Âgé de plus de 78 ans, parfois erratique, entouré de fidèles plus loyaux que compétents, Trump pourrait devenir un risque pour son propre camp. Après tout il n'a jamais été un des leurs. Une partie de la droite américaine pourrait être tentée d’abréger l’expérience pour éviter de sombrer avec lui. Que pense JD Vance ?

Car, au fond, qui le soutient encore vraiment ? Les catholiques hésitent. La base MAGA se divise. L’armée s’interroge. Le consommateur subit l’inflation.

En filigrane, une impression s’installe : celle d’une majorité fragile, qui se fissure lentement. Un processus qui n’est pas sans rappeler la fin de Joe Biden.


 

Date de dernière mise à jour : 09/05/2026

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