A. Balabanoff, Ma vie de rebelle (1938)

« Ma vie de rebelle » de A. Balabanoff

la révulsion russe

V. I. Lénine sera toujours courtois avec A. Balabanoff

"nous fusillons 400 opposants aujourd'hui pour éviter de tuer 10 000 ouvriers demain"


Angélica Balabanoff est une figure oubliée du socialisme européen. Elle est morte en Italie en 1965 après avoir été une des chefs du mouvement ouvrier au tournant du siècle dernier. Elle reste néanmoins connue pour avoir écrit ses mémoires en 1938, elle y résume sa vie militante et surtout deux épisodes de sa vie : l'entrée dans la première guerre mondiale vu de l'Italie où elle travaillait avec Mussolini (alors journaliste de gauche) et la révolution bolchevique qu'elle soutient puis critique. Elle quittera l'URSS du vivant de Lénine avant de reprendre sa vie itinérante pour s'installer définitivement en Italie.

Alors installée en Italie elle fréquente un certain B. Mussolini

qui, à cette époque, n'est qu'un agité au bord du trouble mental... 


A. Balabanoff c'est avant tout l'archétype de ces bourgeois russes qui, en rupture avec leur milieu privilégié, fuient cette vie pour faire des études. Elle réalise l'ampleur de la misère et des injustices du capitalisme de cette époque. En Europe de l'ouest elle adhère au socialisme et devient vite un cadre internationale du mouvement ouvrier. En Allemagne puis en Italie elle « éduque les masses » lors de meetings très importants, elle parle six langues et travaille inlassablement à la création de partis socialistes de masse. Face à la première guerre mondiale qui s'annonce elle fréquente J. Jaurès ou encore R. Luxembourg qui seront les Socialistes les plus hostiles au conflit. Alors installée en Italie elle fréquente un certain B. Mussolini qui, à cette époque, n'est qu'un agité au bord du trouble mental... Rappelons qu'elle écrit en 1938 alors que Mussolini est le maître incontesté de l'Italie. La seconde partie de ses Mémoires est occupée par la description de sa relation avec le bolchévisme. Avant même 1917 elle redoute les méthodes de Lénine, qui, dès la conférence de Zimmerwald (qui réunit en Suisse des Socialistes européens pacifistes en 1915) multiplie les combines pour gonfler son courant et surtout contrôler la réunion. La première puis la seconde révolution de 1917 réjouissent Angelica qui voit enfin ses idées pacifistes et humanistes aboutir en Russie. La suite n'est pourtant qu'une série de désillusions. Bien que respectant Lénine avec qui elle aura toujours des rapports courtois, elle déplore l'état de la Russie complètement ruinée par la guerre mondiale puis civile qui réduit le pays à la complète misère... La propension des Léninistes à éliminer leurs ennemis l'inquiète. Son frère sera d'ailleurs tué par des déserteurs avides et sa sœur mourra misérablement à l'étranger après avoir fuit le pays. A cette époque elle fréquente J. Reed ou E. Goldman, des militants américains très inquiets du durcissement de la régime soviétique naissant. Mais même si elle admet que la Révolution doit se défendre contre les agressions extérieures, elle supporte mal le bolchevisme en action qui, dès 1919, fonde du III° internationale dont le but est, d'après elle, non  d'émanciper les ouvriers mais bien de contrôler la gauche occidentale et la mettre au service de l'URSS. Un constat qui restera vrai longtemps. Ainsi elle constate que Marcel Cachin (socialiste français favorable à la guerre et chargé de pousser l'Italie à rentrer dans le conflit en 1915) deviendra un bolchevique français soutenu par Moscou. L'URSS souhaite alors des fidèles et non des révolutionnaires. Déplorant le double discours et le comportement de dirigeants comme Radek ou Zinoviev, elle finit par quitter ses fonctions dans la III° internationale et quitte l'URSS avec difficultés en déplorant les bonnes relations entre le Duce et l'URSS au milieu des années 20.

Zinoviev, le pire personnage cotoyé après Mussolini pour A. Balabanoff


Elle note à la fin de son livre (publié en plein procès de Moscou) qu'elle ne croit pas à la culpabilité des accusés, mais que Zinoviev est victime de ses propres méthodes. Quant à Staline, elle déclare qu'il était quasiment inconnu dans les années 20 en URSS. Redoutant une nouvelle guerre elle reste cependant attachée à l'espoir que le mouvement ouvrier renverse les dictatures tant italienne que soviétique.

Après la guerre qu'elle passe aux USA on perd quelque peu sa trace, elle revient en Italie et s'engage dans le minuscule parti social-démocrate italien qui refusera toute alliance avec le PCI alors complètement sous influence soviétique. Elle décède en 1965 à Rome âgée de 87 ans.

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