CINEMA : Entre les murs

On tourne en rond !

 

Supporté hautement par Télérama, France-culture et autres médias de la gauche dite intellectuelle, je ne pouvais qu'avoir des préventions contre le " film événement " de Laurent Cantet, Entre les murs.

De plus, la palme d'or du festival de Cannes 2008 donnée à ce film par le jury présidé par l'acteur américain Sean Penn, a eu pour effet de décupler encore le " bruit " médiatique organisé autour de cette réalisation.

Comme toujours avec ce genre d'ambiance, difficile de savoir si on a à faire à une vraie réussite ou si la guimauve bien-pensante a encore frappé.

Film tourné comme un documentaire, avec comme acteurs les " vrais " collégiens et les " vrais " professeurs d'un " vrai " collège d'un quartier défavorisé de Paris, Entre les murs est avant tout un film qui cultive habillement les lieux communs sur l'Education nationale mais aussi sur les enfants d'immigrés, car, ne le cachons pas, les gens de gauche verront avec ravissement une France black, blanc, beur en action. Le problème c'est que les gens conservateurs y verront tout aussi bien les travers d'une immigration qui entraîne quelques petits problèmes de comportements... Sans que la question de la causalité soit posé.

C'est là tout le talent ou tout le vice de ce film qui ne pose aucune question de fond (comme un documentaire pourrait le faire) mais qui plaque des réponses toute faite à des interrogations non posées.

Dans ce "vrai" collège, on tourne donc très vite en rond puisque le prof suivi, une sorte de dernier héros moderne, ne fait finalement que banalement son travail, c'est à dire tenter, sans grand succès au final, de donner des éléments de culture à une classe de 4° plus prompte à se dissiper gratuitement qu'à acquérir un quelconque savoir. Ambiance objectivement négative subtilement pondérée par quelques moments qui réussissent à ne pas désespérer la gauche des beaux quartiers.

Et c'est ainsi que les lieux communs de tous bord s'enquillent afin de ne choquer personne : direction du collège incarnée par un fonctionnaire (en cravate) qui fonctionne. Autres profs qui, là aussi, enchaînent les attitudes et surtout les niaiseries propres à leur caste. Elèves d'origine immigrée qui dénoncent le racisme avant d'en user, etc.

Prisonnier du cadre documentaire (on ne sort jamais des murs du collège), le film qui débute avec la rentrée aboutit logiquement à la fin de l'année avant les vacances. Avant que les mêmes problèmes ne viennent se poser avec les mêmes non solutions. Ainsi on tourne toujours en rond.

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