Green zone, film de P. Greengrass avec M. Damon

Green zone, film de P. Greengrass avec M. Damon

comment moraliser l’invasion illégale de l’Irak

Green Zone, le film du mois (Studio Ciné Live)

Dès lors que fait-il encore là-bas ?

Son devoir doit-on penser dans les salles obscures étatsuniennes où le reste de la vérité attendra…

 


    Tel un cadavre dans le placard l’invasion de l’Irak en 2003 revient hanter la société étasunienne, de film en film une autre « histoire » émerge mais à Hollywood.

    En droite ligne de l’administration Obama qui tente de « tourner la page » des années Bush, certains réalisateurs donnent de leur personne pour faire le tri entre le bon et le mauvais dans la guerre de 2003.

    Sans surprise donc l’agression d’un pays souverain n’est nullement remise en cause. Le début du film montre une ville de Bagdad en plein chaos où de braves soldat cherchent sans succès des armes de destruction massives (ADM). Rappelons que l’ONU en 1995 et quelques semaines avant l’invasion avaient affirmé haut et fort que les dites armes n’existaient plus…

    Or, ces renseignements faux troublent le bon Matt Damon qui commence à redouter une manipulation. Or, l’administration us en Irak est effectivement montrée comme un nids de vipères où, alors que la résistance n’a pas encore débutée, le Pentagone et  la CIA se disputent sur l’avenir du pays. Or, effectivement, les experts de la CIA étaient parfois peu favorables à l’attaque de l’Irak sachant la vérité sur les ADM et aussi « l’utilité » de S. Hussein contre l’Iran ou l’islamisme.

    Un bras de fer se joue donc entre le soldat moral qu’est le personnage de Damon et les partisans du pire autour du Pentagone et donc du ministre Rusmfeld (pourtant jamais cité).

    Certes le quotidien de l’occupation est montré : misère des civils qui n’ont même plus d’eau, « dégâts collatéraux », désordre et surtout indifférence des occupants repliés dans la zone verte, centre de Bagdad dévolu aux autorités d’occupation mais jamais les pires actions des occupants ne sont montrées.

    En face, un général de S. Hussein hésite sur la politique à adopter.
Faut-il attendre un signe des Américains qui avaient imaginé garder l'armée irakienne en réserve (ligne de la CIA) ou entamer la résistance devant volonté de Washington de régner via des fantoches (ligne du Pentagone) ?

    Bien entendu, en 2003, P. Bremer et les réseaux néo-conservateurs vont vouloir aller jusqu’au bout de leur politique. L’armée irakienne et le parti Baas vont être rapidement dissous ce qui entraînera la résistance de nombre de Sunnites.

    Le film retrace donc l’échec de cette « ligne de la CIA », sorte d’occupation « consensuelle » qui aurait évité les affres de la guerre intercommunautaire qui fit des milliers de morts et de déplacés entre 2004 et 2007.

    Bien sûr, il y avait aux USA des hommes politiques moins fanatiques que Bush et son entourage, mais l’idée même d’envahir l’Irak était à rejeter car sans raisons avouables et surtout sans l’aval de l’ONU (contrairement à la guerre de 1991).

    Courageux et honnête M. Damon risquera sa vie pour que la vérité éclate, même un peu tard. Le film montre aussi la débauche de moyens techniques engagés dans cette occupation, moyens financiers qui auraient été bien plus utiles aux pauvres Américains à l’époque sans couverture sociale.

    Après une scène d’action d’une rare intensité Damon repart sur son véhicule blindé sans que l’on sache à quoi il pense car n’a-t-il pas démontré que cette guerre était basée sur le mensonge et le cynisme ? Dès lors que fait-il encore là-bas ? Son devoir doit-on penser dans les salles obscures étatsuniennes où le reste de la vérité attendra…

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