Un prophète (ciné)

Pourquoi un prophète ?

Audiard en fait-il trop ?


    Le dernier film de Jacques Audiard bénéficie depuis le festival de Cannes d'une critique plus que positive ! Aucune voix n'est venu critiquer ou même simplement relativiser les qualités de ce film. Il faut bien admettre que le réalisateur n'a cessé depuis son premier film (Regarde les hommes tomber, 1994) de s'améliorer et de préciser son style à la fois sombre, réaliste et poétique.


    Dans De battre mon cœur s'est arrêté (2005) il atteint le sommet avec une ambiance, un scénario et un rythme qui servent un film réussi à tous points de vue. Un chef d'oeuvre moderne de la dramaturgie.

    Dans Un prophète on trouve les mêmes qualités, servies dans le même ordre mais en amateur du cinéma d'Audiard nous ne sommes plus surpris, comme habitué à cette qualité.

    De plus, le réalisateur encombre son film de symboles ou de détails ésotériques qui nuisent à l'ensemble. Par exemple, le héros vit en intimité avec le détenu qu'il tue pour le compte de la maffia corse... Et des signes étranges (d'où le titre « Un prophète ») viennent relativiser la cruelle réalité de la détention. Etait-ce bien utile ?

    Par ailleurs, l'histoire montre en permanence des « minorités » (Corses, Arabes, Noirs...) en train de rentrer ou sortir de prison pour développer toujours plus activement leurs « affaires », c'est à dire essentiellement la drogue. Certes c'est la réalité de notre société sarkozienne, mais cela peut aussi conforter les élucubrations sécuritaires qui claironnent que la prison n'est pas assez dure.

    Desservi par une critique dépassant toute mesure, Un prophète n'est pas le chef d'œuvre annoncé, mais simplement un très bon film.

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