Arabophilie et islamophobie

Réalité ou duplicité ?

Les attentats de janvier 2015 semblent avoir polarisé davantage les Français et leurs intellectuels. Les Maghrébins, Arabes et autres immigrés -de plus ou moins fraîche date- mobilisent plus que jamais politiques, citoyens et imaginaires.

Y a-t-il trop d'immigrés ? L'extrême-droite fait son miel électoral sur cette "vérité" et la visibilité de l'islam ou encore la délinquance reine dans certaines zones accréditent cette thèse dans l'opinion.

Plus que le FN et ses électeurs ce sont aussi récemment des "réactionnaires" connus qui vont plus loin : Zemmour, Finkielkraut ou Houellebecq enchaînent sur l'islam comme poison de la France, corps étranger à la république et surtout matrice du terrorisme !

Cette pourriture prospère sur le terrain social

le plus dégradé et fait tâche dans une France malade

où règne le consensus petit-bourgeois

Or, dans le meilleur des cas, l'amalgame n'est jamais loin. Certes des Musulmans sont violents, ouvertement salafistes et militent pour le djihad (sur le net ou dans les banlieues) mais la réalité du phénomène reste très marginale. Quelques milliers d'illuminés, de Rousseaux du ruisseau et surtout de jeunes paumés partent en Orient, mais sont-ils plus représentatifs que les jeunes gauchistes de naguère qui partaient en Amérique du sud ? Cette pourriture prospère sur le terrain social le plus dégradé et fait tâche dans une France malade où règne le consensus petit-bourgeois. Or ce consensus est rongé depuis très longtemps par la crise des classes moyennes. Les ghettos urbains sont un problème ancien que les pouvoirs publics ne savent comment gérer vu la misère accumulée. Cette délinquance réticulaire sert parfois de sas aux terroristes plus ou moins organisés. Dès lors se pose la question de la gestion sécuritaire du phénomène, mais l'Europe et l'austérité qu'elle impose empêchent toute politique vraiment efficace. Au lieu de recruter des policiers on fait des lois (controversées comme la dernière sur le renseignement).

Reste à répéter que les enquêtes plus larges sur les Musulmans montrent des gens globalement intégrés, plutôt phagocités par le consummérisme et ventilés dans tout l'échiquier politique même si la "gauche" version PS et l'abstention sont sureprésentés.

Y a-t-il trop de racisme ? La gauche bien pensante et les droits-de-l'hommiste des beaux quartiers en feront des tonnes. L'amalgame change de camp ! E. Plenel ne cache pas  sa sympathie pour les français musulmans. Même chose pour C. Askolovitch qui milite pour que les Musulmans les plus puritains et extrémistes soient considérés comme des "français". Et que dire d'E. Todd qui voit dans le "charlisme" quelque chose d'inconsciemment raciste ? Là aussi, peu de nuances... Les Musulmans, dans leur globalité, seraient victimes du racisme et de la nouvelle islamophobie ambiante.

Là aussi l'amalgame est assez opposé à toute nuance. Mais que faire ? Que dire ? 

En république il n'y a que des communautés d'opinions

En république il n'y a que des communautés d'opinions, pas de communautés ethniques. Les Musulmans ne sont ni un parti politique, ni un groupe social, ni une race... Mais un élément commun propre à certains immigrés, descendants ou convertis. L'islam n'est ni une "menace", ni une "chance" pour la France.

La république étant le bien commun, des règles laïques, démocratiques et sociales (dixit la Constitution) s'imposent contre les tyrannies du Marché, de la violence ou de l'impérialisme. A chaque citoyen de respecter les lois qui permettent à tous de vivre et coopérer ensemble pour plus de liberté, d'égalité, et de fraternité. 

Condamnons tout ce qui divise. Les signes religieux visibles dans l'espace public comme les actes racistes. 

Promouvons ce qui unit. Par exemple la mixité sociale, l'humanisme d'inspiration religieuse ou non, le bien-être environemental.

Date de dernière mise à jour : 24/05/2015

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