Daesh c'est la liberté absolue

Daesh = téléréalité

Fin 2014 : nouvelle poussée de fièvre médiatique ! Plusieurs jeunes « bien de chez nous » sont identifiés dans les vidéos affreuses de Daesh. C’est plus vendeur que le scandale luxlikes ou le réchauffement climatique, menaces pourtant bien plus graves contre notre mode de vie…

On s’interroge : comment des jeunes sans histoires (c’est à dire ni délinquants ni d’origine immigrée) peuvent basculer dans l’islam radical puis dans la violence la plus abjecte.

Poser la question c’est y répondre : car ils le voulaient ! Personne ne les a forcé à devenir des fanatiques numériques avant de passer à l’acte du haut de leurs 20 ans.

De la difficulté d’être jeunes

 Che Guevara, toi même !

C’est une vieille histoire ! De tout temps les sociétés ont eu à gérer la transition entre l’enfance et l’âge adulte. Que se passe-t-il quand on n’a moins besoin de ses parents et qu’on n’est pas encore parents soi-même ? Tout et n’importe quoi ! Au Moyen Âge l’Eglise expédia tous les jeunes en quête d’eux-mêmes vers un ennemi lointain et diabolisé. Déjà les fins religieuses et les moyens militaires permirent de donner une sortie à une impasse générationnelle. Ce fut les croisades.

Car derrière l'idéalisme il y a toujours des intérêts

Et l’histoire ne cessa de se répéter au grès des affrontements politiques car derrière l'idéalisme et le militantisme des jeunes il y a toujours des intérêts qui les utilisent. Les terroristes anarchistes du XIX°s furent rarement des retraités !
Les jeunes italiens déçus des suites de 1918 furent les premiers aventuriers du fascisme qui, sous prétexte de refonder l’Italie, les jeta dans les bras de l’Allemagne nazie.

De même les ultras du gauchisme européen firent de même une génération plus tard : le maoïsme des années 60-70 fut une galaxie culturelle au programme politique nul mais aux moyens durablement efficaces. Bien peu demeurèrent communistes et plus encore se suicidèrent quand la réalité de la Chine et de la France s’imposa : famine là-bas, consumérisme ici.


La nature a horreur du vide

 

Cherchez l'intrus !

Nos sociétés post-industrielles créent énormément de… vide ! Tout discours politique est immédiatement et à raison suspect. Toute alternative n’est que mensonge (les Verts, NPA, etc.) et le travail n’est plus un gage de progrès et de bien-être. Le capitalisme distille surtout de la pollution, des inégalités et de l’insignifiance ou la franche prostitution. Qui s’offusque de la rencontre entre Zahia et des ministres ? Faut-il rappeler qu’elle a commencé à se prostituer à 16 ans avant de faire fortune ?

Face à ce tableau peu reluisant bien des jeunes jouent le jeu en jouissent des opportunités offertes (la télé-réalité ou un stage minable), bien plus se résignent à un quotidien précaire souvent au milieu de familles recomposées et donc appauvries. Les « valeurs » chères aux réactionnaires sont des repères bien maigres puisque tout le monde veut se soustraire à leurs obligations.

Face à ce dégoût certains deviennent croyants

Dès lors, face à ce dégoût rampant et général certains deviennent (ou redeviennent) croyants. La religion ayant toujours été un miroir déformant bien utile à qui ne veut pas voir la réalité en face. Les croyances permettent de redistribuer les cartes symboliquement. Si on n’est rien socialement on peut toujours être quelque chose dans le monde parallèle des croyances : jeu en ligne ou secte, quelle différence pourvu qu’on soit, enfin, autre chose qu’un pion dans un jeu dont on rejette les règles ?


Daesh c’est la liberté absolue

 Enfin libres d'être prisonnières !

Dès lors quel conflit plus cruel qu’une guerre civile pouvait mieux faciliter cette fuite en avant ?

Dans une guerre aveugle aux milliers d’innocentes victimes il est facile de trouver sa place. Les jeunes d’environ 20 ans sont majeurs et surtout non encore concernés par la parentalité. Les servitudes du travail et de la famille, valeurs en baisse, sont encore loin ! Dès lors, tous les chemins mènent à un ailleurs confus où, enfin, tout est possible ! La Bolivie ou le Viêt-Nam hier, la Syrie aujourd’hui.

être enfin quelque chose sinon quelqu’un

Daesh c’est donc la liberté absolue ! Les passionnés d’action seront enfin autre chose que des « bons à rien » rivés à Call of Duty ; les jeunes filles probables chômeuses pourront se « marier » avec autre chose qu’un amateur de X et tous les autres oublieront école, famille, pollutions (rebaptisées impuretés) pour être enfin quelque chose sinon quelqu’un. Car qui, à cet âge, n’a pas rêver de changer le monde et faire la une ?

Les pires défauts dans notre société deviennent là bas d’éminentes qualités : la passion de la guerre est une bénédiction pour le djihad, la violence envers les minorités devient un signe de courage, l’envie de violer une juste sanction des femmes impures, le meurtre des prisonniers et des otages, un signe de dureté, etc. Pris dans l’engrenage de la violence tout le monde en use. Bien des appelés bien sous tous rapports devinrent des monstres en Algérie.

L’occident récolte finalement ce qu’il a semé : à force de proclamer tout est permis, rien n’est possible, certains ont pris sur eux d’inverser le slogan : avec Daesh rien n’est permis, mais tout est possible !

Faire n'importe c'est déjà faire quelque chose !

 

Date de dernière mise à jour : 21/11/2014

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