Exemples de contre-terrorisme

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cadavre de Prabhakaran, chef des LTTE, la plus puissante organisation terroriste de l'Histoire

Sri Lanka, 2009

 

La violence et la reproductibilité des attentats de Paris (janvier et novembre) nous fait oublier qu’il existe de nombreux exemples d’organisations terroristes qui ont cessé le combat par leur défaite, la négociation ou l’évolution de l’environnement.

Années 80 / France

Les bombes qui ont touché Paris en 1986 et 1995 avaient des décideurs étatiques : l’Iran et l’Algérie étaient en conflit avec la France. Téhéran (en pleine guerre dévastatrice avec l’Irak armé par la France) voulait que la France cesse d’aider ses opposants et rembourse l’argent avancé par le Shah pour la construction d’une centrale nucléaire. Des porte-flingues médiocres firent le sale travail (dont un maghrébin ni perse ni chiite). Ces violences (13 morts) étaient des « coups » de mercenaires et nullement le fait d’organisation durables.

Même chose en 1995 : la Sécurité Militaire algérienne terrorise les Français en Algérie puis la France elle-même en manipulant des groupuscules armés sans aucun programme politique sinon le « djihad ». Un certain Ali Touchent fait la tournée des mosquées de France pour recruter des idiots utiles. Sa biographie évoque clairement un provocateur... Il se fait souvent virer par nos compatriotes musulmans jusqu’à ce qu’il croise Khaled Kelkal et quelques autres. On connaît la suite : des bombes à Paris sans autre but que semer la terreur. Déjà ! Nos polices liquident le groupe. La France réitère son soutien à la junte algérienne. Fin de l’Histoire.

Action Directe dans les mêmes années en France. Idéologies d’extrême gauche (anarchisme, anti-impérialisme…). Le groupe est comparable (en moins meurtrier) à la Fraction Armée Rouge allemande : le travail de police permet assez vite d’empêcher tout recrutement et les chefs tombent les uns après les autres. Sans soutien extérieur ni intérieur ces groupuscules se vident vite de toute force et choissent comme des fruits mûrs.

A la même période en Corse les services de l'Etat divise le "nationalisme" corse en jouant sur les divisions traditionnelles des Corses. On en vient à favoriser une dérive mafieuse facile à enclencher en Méditerranée. Résultat obtenu : le nationalisme corse est vite divisé et discrédité... mais la société corse souffre durablement de la violence mafieuse.

 

OAS, années 60, France

L’OAS est ce qui ressemble le plus aux actions de Daesh : même plus ciblées les violences des desperados de l’Algérie française visaient moins à vaincre qu’à saloper l’indépendance algérienne en tuant au hasard des Arabes tout en visant les « traîtres » français. Le bilan de cette organisation dépasse sans doute les 2 000 morts.

Aucune négociation n’étant envisageable de Gaulle utilise les Barbouzes pour liquider physiquement les cadres de l’OAS : des agents irréguliers furent lancés avec carte blanche contre les commandos Delta de l’OAS. Une guerre d’une extrême violence qui se fit loin du Droit... L'organisation fut liquidée souvent physiquement mais les Barbouzes abusèrent longtemps de leur influence, ils se retrouvèrent dans le S.A.C. de sinistre réputation (liens avec le grand banditisme).

De Gaulle décréta les pleins pouvoirs (art. 16 de la Constitution) durant plusieurs mois en 1961 pour épurer l'Etat des partisans réels ou supposés de l'OAS. Le contre-terrorisme a un coût évident en terme de libertés...

 

 

ETA et IRA années 60-2000 / Espagne / Royaume-Uni

Les cas basque et irlandais sont plus intéressants encore car plus durables : une partie des populations civiles eurent des accointances avec ces organisations armées : elles recrutaient donc largement dans la population et avaient des soutiens en dehors de leurs frontières.

Leur abandon de la violence fut la conséquence de deux éléments : la certitude que la voie politique pouvait faire avancer leur cause (électoralement leur vitrine politique participent aux pouvoirs locaux) et le démantèlement policier par l’infiltration. Londres eu ainsi une taupe des décennies durant dans l’état-major de l’IRA... Il semble que, dans le même registre, Merah ait été un possible agent double... Il vira assassin avant. Laisser faire un candidat au martyr est un excellent moyen de pister les filières. Reste à s'arrêter à temps.

Même chose avec l’ETA… A noter que quand la France accepta de traquer les membres de l'ETA (pourtant absoluement pacifiques en France) l'organisation débuta son déclin. Peut-on espérer la même chose de la Turquie aujourd'hui vis-à-vis de Daesh ? C'est douteux.

La lutte contre un péril terroriste organisationnel est donc possible :

- Avec le concours de pays étrangers dont les tueurs ont besoin au moins comme base arrière.

 

-  En infiltrant les réseaux actifs. M. Merah était, semble-t-il, manipulé par la DCRI en quête de renseignements.

 

- En vidant les revendications politiques de leur sens : la France serait bien inspirée de s’écarter des faucons israéliens et de soutenir la vraie opposition civile en Syrie.

 

- En réprimant le discours salafiste-djihadiste qui prépare mentalement à la violence aveugle (le monde non islamique est par essence impur donc voué à l'enfer, etc.).

 

Concernant les exemples plus lointain : les Tigres Tamouls (LTTE) qui furent longtemps maîtres d'une partie du Sri Lanka et qui avaient une véritable armée capable de rivaliser avec les forces régulières du reste du pays. Le retournement d'un commandant régional des LTTE permis de vaincre militairement l'organisation avec la mort de son fondateur en 2009 (photo). Diviser pour régner. Un classique.

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 18/11/2015

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