La crise sociale des banlieues

Novembre 2005

La crise sociale des banlieues,

ou la purulence du libéralisme

par : Hajoma

 

La multiplication des exactions dans les quartiers « de banlieue » doit être l’occasion de rappeler quelques principes de base. Évacuons d’abord la « culture de l’excuse » commune aux délinquants et aux humanistes des beaux quartiers : ces émeutes ne constituent en rien une action collective, qui se structurerait autour de revendications et prendrait pour cible des adversaires clairement définis. Il s’agit de destruction aveugle de biens, pour l’essentiel appartenant aux habitants des mêmes quartiers que ceux des voyous. Ce sont ces habitants, et eux seuls, qui sont les victimes des évènements actuels. Expliquer quelles conditions ont pu livrer ces jeunes à l’emprise de maffias diverses et des groupes antirépublicains – fascistes, islamiques et tutti quanti – est certes une réflexion utile, mais qui ne saurait être opposée à l’urgence de mesure curatives vigoureuses. Après tout le virus de la grippe aviaire n’est pas non plus responsable du mal qu’il fait !

Pour cadrer ce débat et ne pas le laisser dériver sur le terrain purement "sécuritaire" cher aux oligarques sarkozoïdes, quelques éléments d’analyse, puis quelques propositions pour restaurer l’ordre républicain :

Éléments d’analyse

1) les voyous de "banlieue" sont d'abord des chômeurs, enfants de chômeurs, coupés depuis 30 ans de toute opportunité de gagner leur vie honnêtement – la politique de l’Union Européenne consistant depuis ses origines à sacrifier l’emploi et les droits sociaux sur l’autel du libéralisme extrême.

2) Les "socialistes" ont pérennisé ce gâchis en parquant ces jeunes dans des établissement scolaires, où la plupart traînent leur échec d'année en année, puisque la suppression des redoublements et l'obligation d'accepter tous les jeunes camoufle l'échec total de l'institution à leur donner une formation digne de ce nom.

3) Cette chienlit chronique est régulièrement "calmée" par l'arrosage de subventions et d'aides diverses, conçues pour leur éviter de rechercher un travail légal. Il vaut mieux de nos jours être RMIste que smicard, allocataire que travailleur !

4) Le travail au noir ainsi stimulé pèse sur les "petits boulots" légaux, dont les salaires sont écrasés et le nombre drastiquement réduit - ce qui alimente en retour le chômage, l'assistanat et le travail au noir !

5) Sur ce fumier de la fraude tous azimuts, prolifèrent évidemment le racket, le recel et le trafic de drogue, qui complètent agréablement les allocations de base pour un risque minime, vu l'insuffisance de moyens policiers, la saturation des prisons, etc.

6) Caillassages, incendies et agressions sont le symptôme de la pourriture du lien social dans de nombreux quartiers. Dealers et caïds en tous genres tirent les ficelles d'un désespoir général pour soustraire leur domaine à tout ordre républicain. Policiers, enseignants, pompiers, voire même médecins, doivent s'effacer des "voyoulands". L'incapacité de l'Etat à restaurer l'ordre poussera tôt ou tard les habitants à remettre leur destin à la protection des maffias plutôt qu'à celle de la justice. C’est le modèle états-unien, en ce qu’il a de pire, qui s’impose sournoisement dans nos cités.

7) La culture "bo-bo" valorise ce lumpenprolétariat, lui offre la tribune complaisante des medias et de "sociologues" spécialisée dans l'excuse de l'inexcusable [1]. Les medias présentent de façon "équilibrée" le saccage des quartiers par les voyous et les efforts de la police pour pacifier l'espace public. Le crime et l'ordre républicain sont renvoyés dos à dos !

8) Les politiciens européistes alimentent un pseudo-débat entre tenants de la "répression" - c'est à dire de petits raids policiers ponctuels, si possible sous l'oeil des caméras pour préparer le passage de Sarkozy au 13 h - et ceux de la "prévention" - c'est à dire de nouvelles distributions de subventions pour calmer les voyous.

Or répondre à la crise sociale qui frappe les quartiers pauvres exige une toute autre ambition.

Reconstruire le lien social, tarir la source des maffias

Inverser cette spirale relève de mesure de fond, et pas d'actions ponctuelles qui ne soignent les symptômes qu'en laissant s'étendre le mal. Restaurer la République n’est pas seulement rétablir l’ordre, mais surtout offrir à chacun une place et un rôle dans l’œuvre commune.

1) Remettre à plat l'ensemble du dispositif de protection et de cotisations sociales, de manière à ce que l'emploi légal apporte des avantages tangibles par comparaison à l'assistanat (cf. notre brochure : le combat pour la République sociale).

2)  Mener une politique volontariste de l'emploi (incompatible avec les règles de l'Union Européenne) de manière à ce que chacun soit en mesure de gagner sa vie honnêtement ;

3) Réformer en profondeur l'Éducation nationale, qui ne doit plus être une garderie pour chômeurs camouflés, mais un véritable dispositif d'éducation et de socialisation civique pour tous. Rétablissement des redoublements et de l'orientation impérative, multiplication des filières professionnelles courtes, dispositif effectif pour permettre la promotion du mérite et les ré-orientations pour les jeunes qui se révèleraient tardivement.

4) Mobilisation de moyens suffisants (c'est-à-dire considérables !) pour désenclaver les "banlieues" et les doter de services publics suffisants : transports, commissariats, écoles, etc. etc.

5) Politique novatrice du logement, pour réduire les ghettos d'HLM (Taxation des logements inoccupés, garantie publique des loyers, etc...) ;

6) Réprimer les discriminations raciales ou religieuses en matière d’emploi, de logement, etc. Ce doit devenir une tâche des services de police ou de l’inspection du travail au même titre que la répression de la délinquance de rue [2]

7) Reconstitution d'un tissu associatif dans les quartiers "à problèmes". Fondamentalement, c'est aux habitants eux-mêmes de résister aux trafiquants, et de corriger leurs enfants s'ils sombrent dans la délinquance. Quand un gamin dégrade une cage d'ascenseur, c'est d'abord à ses voisins de lui donner une paire de claques (qu’il ne me semble pas scandaleux d’appeler par son nom). Pour que chacun se sente habilité à agir de la sorte, il faut que les gens se connaissent, qu'ils agissent en vertu d'une décision collective des habitants, et que les réseaux civiques dament le pion aux réseaux voyous ou maffieux.

8) Et enfin - mais en dernier lieu seulement - politique de répression. "En dernier lieu" ne signifie pas qu'il faille la remettre à plus tard, mais qu'elle ne soigne que le symptôme, reporte les problèmes sans en résoudre aucun à elle seule ! Cette politique n'en doit pas moins être menée sur la durée [3] : police de proximité, accélération des procédure judiciaire, peines dissuasives et effectives (TIG, mais aussi maisons de redressement et prisons).

 

La restauration de la République dans les banlieues ne saurait être séparée de l’entreprise globale de reconstruction du lien social et de la souveraineté nationale, contre l’alliance objective des trafiquants et des voyous, qui cherchent à mettre en coupe réglée les « banlieues », et du libéralisme chiraco-socialiste, qui enfonce les salariés sous le talon de fer du capitalisme sauvage.

 


[1] Nombre de sociologues « médiatiques » s’affranchissent d’une règle de base de la sociologie, qui est de distinguer l’explication du jugement moral.

[2] La fermeté ne doit pas être exclusivement dirigée contre la délinquance la plus ostensible. La crise du lien social prend tout autant son origine dans la tolérance du racisme ordinaire, la violation quotidienne du code du travail, etc.

[3] Le but n’est pas d’organiser des parades policières dans les cités, mais d’assurer à long terme la sanction des dérives maffieuses. Dégradations, chapardages, deals… doivent mener effectivement à des peines dissuasives, tandis que la société doit se donner les moyens (cf. plus haut) de récompenser le mérite et les comportements civiques.

 

Nous joindre : valactrep @ yahoo.fr

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