Ecologie et oligarchie

Difficile de voir en Trump ou Bolsonaro des adeptes de l’écologie. Ces démagogues se sont même fait élire sur un programme niant le réchauffement climatique et misant sur la consommation accélérée de ressources pour maintenir le pouvoir d'achat. Leurs électorats agglomérant surtout classes laborieuses et classes moyennes en difficulté ne s’y sont pas trompés : c’est plutôt la « fin du mois » que la « fin du monde » qui les a mobilisé…

On ne compte plus les stars du cinéma us

qui militent ouvertement pour des mesures écologiques

Pourtant, une bonne partie de la bourgeoisie mondialisée a fait de l’écologie un cheval de bataille. Et cela depuis des années. On ne compte plus les stars du cinéma us qui militent ouvertement pour des mesures écologiques radicales. Le premier de ces militants en or massif étant sans doute Robert Redford qui parla de réchauffement climatique dès les années 90. A l’époque il était presque seul à avoir compris les problèmes posés par Meadows dans son rapport de 1972.

Robert Redford

Mais au tournant des années 2000 une large partie de la « bourgeoisie progressiste » incarnée en France par Les Verts s’est ralliée à cette idée d’une urgence écologique, c’est pourquoi Macron communique aussi régulièrement là-dessus tout en acceptant le CETA !

Aux Etats-Unis Al Gore a, dans le documentaire Une vérité qui dérange (2006) affirmé la même chose : la politique ne doit plus être menée pays par pays pour une fraction de la population (les électeurs majoritaires) mais mondialement et pour... le bien commun !

Cette idée de « bien commun » n’est pas nouvelle et est même consubstantielle à la bourgeoisie. Les possédants capitalistes se sont toujours présentés comme des héros modernes capables de gérer au mieux le bien commun, comprendre gérer leurs affaires pour leur bien.

Or c’est en contrôlant les autorités et les lois que les oligarchies se protègent notamment en cherchant le soutien économique des autorités (subventions, protections…) et la privatisation des biens collectifs. La naissance du capitalisme post-féodal est même liée à cette privatisation des terrains gérés en commun dans les campagnes anglaises (les enclosures) ou à l’accumulation primitive de capitaux en France où une fraction des petits propriétaires a réussi à doubler la noblesse en matière de propriété. Par l’endettement des vieilles élites le processus s’est accéléré faisant émerger une nouvelle catégorie de la population : la bourgeoisie triomphante de 1789 ! Soutenant un pouvoir quand il allait dans son sens et abandonnant le « despote » quand il n’était plus garant du bien commun, comprendre qu’il n’était plus rentable (Napoléon ou de Gaulle).

Dans la poursuite continuelle de ses intérêts le bien commun a surtout été un argument hypocrite.

les élites ont deux faces comme les monnaies

Ainsi les élites ont-elles deux faces comme les monnaies : l’ancien style à la Trump qui veut privatiser les ressources pour en faire des marchandises et le nouveau style qui veut protéger l’environnement en empêchant les plus nombreux de polluer, donc de salir le théâtre des possédants.

Les différences de styles, de couleurs, de culture ou de look entre Boris Johnson et Georges Clooney masquent une réalité pourtant évidente : leur appartenance à la bourgeoisie mondialisée.

David Cameron et Ségolène Royal

Depuis plus d’un siècle le capitalisme industriel et financier est une machine redoutablement efficace à transformer les matières premières en objets parfois utiles (un scanner) et souvent futiles (les cartes Pokemon), le tout grâce à une consommation d’énergie énorme. Nous sommes dans l’ère de l’anthropocène, c’est à dire que la géographie de la Terre a été changé par notre action sur l’environnement. C’est une évidence.

Nous sommes dans l’ère de l’anthropocène. C'est une évidence.

L’enjeu actuel est donc de savoir comment notre espèce va survivre en évitant de s’empoisonner avec ses propres détritus physiques (plastiques, particules fines) et chimiques (pesticides, drogues...).

Si nous nous détruisons la bourgeoisie se perdra elle-même par la disparition de ses clients : elle disparaîtra comme classe avant de disparaître tout court. Ainsi est-elle écologiste par intérêts. Les siens. C’est pourquoi toutes les personnalités -peut-être sincèrement alarmées par les pollutions majeures- ne proposent-elles jamais une remise en cause du capitalisme mais espèrent plutôt des lois qui, comme toujours, s’appliqueraient à tous sauf à eux. C’est pourquoi dans les stades de foot on interdit l’alcool… sauf dans les tribunes VIP !

La vraie écologie n’est possible que dans un atterrissage

en douceur de décennies de croissance chaotique

La vraie écologie n’est possible que dans un atterrissage en douceur de décennies de croissance chaotique : sobriété, dénatalité et réduction des inégalités ne sont pas compatibles avec un capitalisme libre-échangiste qui, en ruinant les certitudes et liquidant les frontières, ne fait que pousser les déçus vers une énième utopie meurtrière.

Renault électrique... au Bhoutan !

Date de dernière mise à jour : 06/09/2019

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