La crise ? Quelle crise ?

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Editorial du 1° octobre 2009, par Denis Gorteau   

LA CRISE ? QUELLE CRISE ?

    Vous avez remarqué ? Par rapport à l’an dernier la panique au sujet de la crise financière s’est presque dissipé. La « grippe A » et son démarrage poussif font pâle figure à côté de la panique boursière de l’an passé…
    Depuis la faillite retentissante de la banque Lehman Brothers les indices boursiers se sont redressés après quelques mois de chute et la croissance est même, officiellement, revenue si on écoute les gouvernements.
    Les réunions du G20 se sont succédé et des « mesures efficaces » ont été prises paraît-il. Sarkozy et son parti ont obtenu le meilleur score aux Européennes et le centre droit s’est maintenu en Allemagne. Même JC Trichet réclame à nouveau une baisse des salaires et des « réformes » anti-sociales.
En somme la vie continue comme avant.

    Voilà pour les apparences car la réalité est un peu différente.
    Plus que jamais on danse sur un volcan aussi calme que trompeur. En effet, sans l’intervention massive et inédite des Etats le capitalisme aurait purement et simplement fait faillite. Même dans les fantasmes les plus fous des zozos d’extrême-gauche une catastrophe d’une telle ampleur n’aurait jamais été possible : des faillites par milliers auraient ruiné toutes les grandes entreprises, généralisant la crise à l’économie réelle en quelques jours. Les emplois auraient disparus par centaines de millions et les liquidités auraient disparues tandis que les Etats seraient en cessation de paiement.
    Ce scénario cauchemardesque n’a été évité que par des « plans de relance » et de « sauvetage » d’une ampleur et d’une rapidité inouïe. Les Libéraux aux affaires, complètement abasourdis par le tsunami financier ont agit contre leurs opinions mais sans toutefois en changer…
    Du coup, alors que la stabilisation est apparente et que les indices boursiers remontent en flèche, les "bonnes affaires" se poursuivent tandis que le chômage monte presque doucement mais très sûrement. En effet des millions d’emplois ont disparu en un an dont plus  de 7 millions aux USA ! En France le chômage déclaré a fait un bonde 25 % en 12 mois. Des pays fragiles financièrement sont au bord de la faillite comme l’Irlande, l’Espagne ou les pays baltes. Dublin a réduit le salaire de ses fonctionnaires et la Lettonie a fermé 10 % de ses écoles. Ici ou là l’immigration semble être la seule solution. Mais où
émigrer ? Même l'Etat de Californie est en quasi banqueroute !


    Le G20, sorti de quelques déclarations keynésiennes, laisse le capitalisme financier se « refaire » en truquant les bilans des banques qui restent hors de tout contrôle (voir les « bonus » distribués aux traders).
    Du coup les Etats ont pris en charge le désastre comptable des banques. Les pertes « privées » sont devenus « publiques », c’est à dire à notre charge. Cela explique l’envol du déficit français : chaque français « doit » en moyenne 22 000 euros, la moitié provient de la « nationalisation » des pertes des banques coupables d’avoir joué au grand casino libéral. Ont-elles été nationalisées en échange ? Même pas. Le grand cirque reprend là-haut tandis qu’en bas on paie leurs erreurs par la hausse des déficits ou le chômage.
    Du coup, pour limiter le déséquilibre les Etats vont poursuivre leur politique « d’ajustement structurel », c’est à dire en privatisant et libéralisant toujours plus des secteurs entiers de l’économie. Autant dire soigner le mal par un mal plus grand encore car cette gestion libérale des choses ne peut mener qu’à de nouvelles bulles qui, un jour, seront réellement incontrôlables.

Tandis que monte une question cruellement angoissante : la prochaine crise sera-t-elle la bonne ?

   La remontée rapide des indices boursiers (due à l’engloutissement des aides publiques dans la Bourse) est un signe très inquiétant. Les liquidités disponibles alimentent de nouveau le chaudron de la finance et manque à l’économie réelle. Tandis que monte une question cruellement angoissante : la prochaine crise sera-t-elle la bonne ? Déjà perclus de dettes pourries les Etats ne pourront remettre sur la table des milliers de milliards…

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