Une tumeur nommée Goldman Sachs

par Denis Gorteau


    Parfois, sous la pression des évènements et de l’urgence, des hommes de bonne volonté tentent de travailler au bien de l’Humanité. Est-ce le cas avec Obama ? En tout cas, pour sauver le capitalisme d'une crise fatale, il tente quelque chose.
    Après un début de réforme du terrible système de santé états-unien, le président tente aujourd’hui de réformer le système financier. Il faut dire qu’en 2008 le monde entier a failli tomber raide d’inanition quand la faillite menaçait les principales banques, intermédiaires financiers entre les entreprises, les Etats, les régions… Un « plan de sauvetage » mobilisant des sommes colossales a été nécessaire pour sauver le système et ses maîtres, milliardaires impudents et au dessus des lois.
    Pour se prémunir d’éventuels ennuis les grands fonds spéculatifs ont largement financé les candidats à la succession de Bush… la banque Goldman Sachs a, par exemple, donné un million de dollars au candidat Obama.
    Or aujourd’hui cette banque mondialement connue est assise à la place de l’accusé. En effet, la vérité finissant toujours par s’imposer, on connaît les agissements terribles de cette banque bien pire qu’une mafia !
    Par exemple dans le dossier grec, la banque a touché 300 millions d’euros pour aider le gouvernement grec a maquillé ses comptes publics afin de cacher ses dettes. Et, une fois la situation incontrôlable cette même banque a mené les attaques spéculatives contre la même dette grecque ! Assez dégelasse mais encore légale.
    Or la presse américaine révèle dernièrement que Paulson, ex ministre de l’économie de Bush, architecte du « plan de sauvetage » et haut dirigeant de Goldman Sachs est convaincu d’avoir créé des fonds voués à recevoir des investissements du monde entier avant de chuter lourdement. Quel intérêt pour la banque ? Toucher des millions en « assurance », c’est à dire en vendant des produits financiers dits « dérivés » qui montent en flèche quand certaines valeurs baissent. Là c’est carrément de l’escroquerie.
    Obama, toujours accusé d’être un « socialiste » par son opposition la plus passéiste, utilise ce scandale (qui a ruiné des intérêts états-uniens) pour faire avancer ses projets de réformes du système financier. Mais qu’il se méfie, son entourage politique et ministériel est truffé d’ex de Goldman Sachs, pieuvre libéralo-maffieuse qui place ses ex dirigeants dans le monde entier, y compris au WWF !
    Mais que veut cette étrange banque au fond ?
    Rien de moins que maximiser ses profits en influençant les grands centres de pouvoirs, même les ONG. Un gouvernement mondial ne lui déplairait pas, elle a toujours aidé les hommes politiques les plus mondialistes.
Aujourd’hui gavée d’aides publiques la banque verse à nouveau des salaires ou des primes colossales à ses cadres en espérant que les velléités d’Obama de travailler pour le bien public passe comme les grosses pluies. A suivre.

Mais que peut un éventuel honnête homme face à un système en roue libre ? Nous sommes tellement intégrés à ce système que nous détestons que toute opération est peut-être déjà impossible et tuerait le malade. Trois décennies de politique libérale ont créé des réflexes, des intérêts, des lobbies qui ont le dernier mot dans les bureaux des ministres et autres députés. Le parlement européen est un nid de lobbistes tous biberonnés par Goldman Sachs ou d’autres réseaux du même genre.
Il n’y a pas de complot derrière tout ça, seulement un système dissipatif qui s’emballe, jusqu’à quand ?

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