La route, roman de C. MacCarthy

LA ROUTE

l'effondrement, et après ?


    Cormac McCarthy est une icône des Lettres états-uniennes. Quand ses livres sortent en France il est encensé par la critique et chanté par la presse « culturelle ». De plus, plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma avec succès, ce fut le cas avec No country for old man (des frères Cohen) et aussi de La route (en 2009 par J. Hillcoat). Dans ce dernier livre il raconte l’errance de deux survivants après une catastrophe inédite.
    Dix ans après cette tragédie dont nous ne saurons jamais grand chose, un père et son jeune fils sont sur la route, ils cheminent tristement vers les côtes, vers le sud en espérant un sort moins sinistre.
    De l’Humanité du XXI°s il ne reste que des débris, carcasses de véhicules à l’abandon, bâtiments éventrés, maisons abandonnées, cadavres desséchés.
    Certes il reste des survivants, mais une poignée qui vivent cachés ou qui traquent les autres comme du bétail pour les manger… On en est là, entre cannibalisme et misère intégrale, des milliards de gens sont morts.
    Nos héros de la survie marchent autant que possible, se cachent, dorment sous une bâche en plastique, ont froid et faim. C’est ce dernier tourment qui les fait avancer. A cause d’une épaisse poussière qui recouvre tout les cultures et les animaux ont disparu, les survivants se nourrissent donc des restes de la société de consommation éteinte : boîtes de conserve ou fruits desséchés alimentent des corps maigres et bientôt malades. Sans secours, sans médicaments appropriés le personnage principal décède. Son fils reste seul ou milieu des ruines, son père lui a appris à se suicider si des « méchants » (comprendre des cannibales) voulaient le capturer.
   

Des milliards de gens sont morts

    Le roman simple et haletant touche à sa fin, le petit est aux côtés de son père raide mort, avec pour seule arme un pistolet avec une seule balle… C’est alors qu’un individu sorti de nulle part propose de recueillir le petit, il se trouve qu’il vit avec sa femme et son fils. Un semblant de famille renaît donc toujours sur fond d’anéantissement, relativisant une fin implacable.


    Après la lecture de cette aventure triste et déprimante on se demande quel est le message de l’auteur. Est-ce une fable familiale ou un dernier avertissement avant impact ? Car entre deux lectures de La route le lecteur revient dans notre monde chaud et évolué. On est un bref instant surpris d’avoir de l’électricité, de l’essence, internet, etc. par contraste on est terrifié à l’idée de devoir un jour subir le sort des deux personnages, hypothèse de moins en moins impossible.

Nous joindre : valactrep @ yahoo.fr

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site