référendum révocatoire

 

juin 2005

 

Référendum révocatoire

par : Terouga

Force est de constater que nul observateur n’avait prévu l’ampleur du vote NON le 29 mai. Dépassant presque les 55 %, porté par une participation légèrement supérieure à celle du traité de Maastricht en 92 et structuré autour d’un vote populaire, les dynamiques du NON ont joué à plein pour totalement blackbouler les partis et leaders de l’oligarchie. Reste que si le camp du OUI, homogène et lié au grand capital, reste identique à lui-même à la télé où les mêmes discours arrogants persistent, les hommes politiques partisans du NON restent marginaux, opposés et très largement stériles.

Reste le peuple, plus décidé que jamais à changer les choses, mais qui ignore comment construire positivement ce vote.

I) Le bûcher des vanités

Quels que soient les partisans du OUI que vous prenez, vous tombez toujours sur le même genre de discours : l’Europe de Nice n’est pas terrible, misons sur le TCE pour améliorer l’ensemble ! Le PS, l’UMP, l’UDF ou les Verts n’ont jamais parlé vraiment du texte, mais gloser à l’infini sur les avantages hypothétiques du OUI. L’exemple le plus comique fut la mousse faite autour du "droit de pétition"... Confrontés à une réalité sociale volcanique, ces mêmes politiciens ont alors fait donner les media privés et publics, espérant que le contenant du OUI remplacerai le contenu. Malgré une campagne médiatique sans nuance et sans retenue, le peuple ne s‘est pas laissé duper. Il est vrai qu’on peut regarder un porno sans se croire hitiphallique... Apprécier le look de Kouchner sans croire ses inepties pro-américaines, etc.

Les partis oligarchiques (UMPS...), leurs bailleurs (MEDEF…) et leurs satellites (CFTC, CFDT…), sont donc totalement défaits suite au 29 mai. Cette lame de fond n’arrive cependant pas sur une mer calme : le 21 avril aura été la répétition générale de ce rejet et les Régionales l’ultime avertissement adressé aux élites politiciennes et économiques. Travailler plus pour gagner moins alors que le chômage augmente et que les "indemnités" des grands patrons explosent, c’est trop. A fortiori quand cela devient la règle et non l’obscène exception (référence au film Le couperet).

Le dimanche 29 mai, les vanités de notre classe politique post-guerre froide ont donc flambé, éclairant la nuit sociale de millions de compatriotes.

II) Des nains pour des NON

Derrière le NON il n’y a guère d’organisations politiques sérieuses. Aucun leader n’est à même de bénéficier de ce vote.

Le Pen malade et sur le départ ne sera que l’ombre de lui-même en 2007. Son parti est squelettique et divisé. Déjà aux Régionales le reflux était palpable. De Villiers et Dupont-Aignan, derrière un discours moins droitier qu’attendu, ne sont guère décidés à rompre avec la "majorité présidentielle". Ils ne vivent que par et pour la référence à une polarisation droite / gauche plus opposée que jamais à ce que les gens ont dans la tête. De plus, leur organisation est faible.

Et que dire de Pasqua et Chevènement, âgés et plombés par leurs erreurs passées ?

Pire encore : "le NON de gauche". Animé par ATTAC, le PCF ou encore la LCR, il amalgame dans une marmite cabossée des militants qui n’ont guère renié leur passé "jospinien". Moins décidé que jamais à se débarrasser des oligarques du PS, ils rêvent plus ou moins secrètement de revenir comme en 1988 ou en 1997, surfant sur la faillite de la "droite" sans pour autant se donner les moyens de faire une politique différente. Leur mépris souverain de la nation et de la souveraineté est un indice de leur degré d'intégration au système libéral. À la tête de ce troupeau naïf et petit-bourgeois on trouvera très vite un L. Fabius à même de rejouer la symphonie mitterrandienne, à savoir une prise par la gauche du PS et une "union de la gauche" sensé le faire élire en 2007, en prélude aux « compromis » en cascades qui réintégreraient la France dans le magma européen.

Bref, on prend les mêmes et on recommence ?

Pas si sûr, car l’ampleur du NON le 29 mai est à même de changer la donne. En effet, si ces millions de français ne sont pas plus décidés à faire la révolution qu’à s’engager dans des organisations politiques (lesquelles ?), une chose est sûre : jamais la France n’a été aussi ingouvernable qu’aujourd’hui. Quel que soit le locataire de Matignon, plus rien ne sera jamais comme avant le puissant mouvement social de mai-juin 2003.

Confusément, le peuple sait à présent ce qu’il ne veut plus : le libéralisme économique et ses corollaires sociaux (destruction des services publics, délinquance, désordre...). Ainsi le vote NON a souvent dépassé les 66 % dans les espaces les plus touchés par le cancer libéral (petites communes, banlieues, quartiers populaires...).

De plus, le peuple a appris à distancier son vote de la propagande de medias aux ordres et de politiciens hypocrites.

III) Référendum révocatoire

Ainsi les masses ont-elles avec une rare force révoqué à la fois les têtes de gondole du OUI et le bilan économique et social de deux dernières décennies. Plus de 20 ans après le tournant libéral et européen de 1983 la France des vrais « gens d’en bas », ceux qui subissent les décisions imposées par les Oligarques, a clairement révoqué Chirac et tous ses satellites. C’est la revanche sur le traité de Maastricht qui avait été sauvé par les classes moyennes dupées par les grimaces du PS.

D’ici 2007 la classe politique va tenter de se repositionner dans un débat "droite / gauche" plus inepte et vain que jamais, alors que l’outil politique nécessaire à cette refondation républicaine et nationale reste à bâtir.

Virtuellement révoqués les dirigeants chiraquiens vont donc devoir diriger une France définitivement ingouvernable. Il est même possible qu’un mouvement social décisif accélère encore l’Histoire.

 

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