Sarkozy le bon à rien pro américain

par : Terouga, juin 2003 

  Il faut que le pays soit bien mal en point et que le système médiatique soit bien malade pour qu’un histrion comme N. Sarkozy arrive à retenir ainsi l’attention des media dominants. Bien sûr, c’est la bourgeoisie des centres-villes qui parle à la bourgeoise d’Europe, mais tout de même !

En effet, il y a sans doute des hommes de droite plus intéressants, plus réfléchis et vifs que Sarkozy. Mais non, depuis que la baudruche Raffarin n’en finit plus de se "balladuriser" (c'est-à-dire devient aussi impopulaire que louis-philippard), on nous sert comme "alternative" le jeune et fringuant N. Sarkozy. Pourquoi lui ?

Qu’a-t-il à dire celui-là ? Ou, plus exactement, qu’a-t-il a dire de nouveau depuis 20 ans ? Rien.

Derrière Chirac, derrière Balladur, derrière sa femme, il ne propose rien de bien neuf. Après le libéralisme médiatique de Giscard, après le centrisme hautain de Balladur et après les zigzags de Chirac, voilà qu’il revient nous dire qu’il n’a rien à nous dire, si ce n’est qu’il est là... et pour longtemps !

Or la France est malade.

Malade de l’Europe libérale (perte de souveraineté), malade de ses inégalités (décentralisation), malade de son chômage (délocalisations), malade de ses politiciens (toujours les mêmes cumulards), malade de sa jeunesse ("star-acamésisée")... Et, sur ces thèmes primordiaux, que nous propose le vice-premier ministre ? Rien. C’est pas ses affaires !

Au contraire, il se fait en permanence une pub pour conquérir l’UMP ou je ne sais quel strapontin présidentiel. Pourtant, si le bavard ne dit rien sur ces sujets, ses actes parlent pour lui : en Corse il avait poursuivi la politique de Jospin qui consistait à retirer l’État de l’île au profit de combines locales ouvertement favorables aux porte-flingues.

Contre le chômage il sert la soupe aux secteurs les plus obtus du patronat en réclamant de faciliter les licenciements et préfère baisser les prix plutôt que monter les salaires. Sur les blocages de la classe politique, son originalité (bla-bla archi-étudiés par ses conseillers en com) ne quitte guère les plateaux de télé, puisqu’il a "sauvé" Pasqua aux sénatoriales sous prétexte que ce dernier avait des dossiers dangereux... Vis-à-vis des jeunes, il ne dit rien, sinon les mêmes balivernes qu’aux temps de Balladur (vous vous souvenez du « SMIC jeune » ?) : soyez jeunes, consommez et ne faites pas de politique, etc., etc. C’est toujours la même chanson : du bla-bla à la télé et rien côté réalité. Même son passage au ministère de l’Intérieur n’a été marqué d’aucun progrès notable en matière de criminalité.

Sarkozy c’est un peu le porte-parole des représentants de commerce qui captive un moment l’aréopage d’un bar pour employés de bureau remontés et ignorants. Quand on en prend plein la tête toute l’année sans jamais rien n’y comprendre, on peut se sentir proche d’un Tapie, Le Pen ou Sarkozy.

Il a pigé que taper sur les immigrés était à double tranchant, alors il se retourne contre un autre bétail : les fonctionnaires. Agitant "le salaire au mérite" ou "la baisse des effectifs", il ne dit pas aux Français dans la boue comment en sortir, mais comment d'autres Français à peine plus chanceux vont bientôt les rejoindre dans la mélasse. L’Histoire appréciera.

Et que dire du cinéma avec "les Musulmans de France" ? Là aussi sans originalité (il a repris un dossier lancé par Chevènement) il n’a pas été foutu de faire autre chose que gonfler démesurément l’intégrisme présumé des Musulmans avant d’aller crier à l’antisémitisme à la tribune de l’Assemblée. Comme pour la Corse et les Musulmans de France, il aurait dû avoir l’honnêteté de rappeler que les actes racistes ne sont ni plus ni moins nombreux sous la gauche que sous la droite. À trop vouloir cracher sur ses adversaires il pourrait bien se retrouver baveux...

Notre politicien post-balladurien n’a donc aucun programme. Aucune idée. C’est avéré. Pourtant, s’il veut nous en mettre plein la vue et plein le reste d’ici 2007, il va falloir avoir quelque chose à dire à défaut d’avoir des trucs à faire, non ?

Alors ? Alors le petit Nicolas se laisse porter par l’air du temps ; or, l’air du temps des élites est profondément "libéral", c’est-à-dire à la fin de tout arbitrage entre les riches et les autres...

Foutre de l’Eglise et des fâcheux de Saint Nicolas du Chardonnay ! Il n’est même pas contre le mariage gay. Foutre des salariés ! Il est pour la liberté de licencier, etc.

Il faut dire que s’il veut avoir une chance en 2007, il doit faire le plein de lobbies et de fric, les deux mamelles "américaines" qui comptent en politique.

Du côté des dirigeants on a pris note que Chirac était un gland. Certes il a rendu de fiers services à ses amis les grands patrons, mais le V.R.P. des bourgeois français a du plomb dans l’aile (âge, affaires, etc.). On préfère presque le sourire vicieux des "socialistes". C’est là que notre clone de Tapie arrive : sans passé (et espérons-le sans avenir) il n’a aucune espèce d’attache idéologique. Du moment qu’il passe à la télé il veut bien faire face à tout le monde, du coup, c’est l’homme idéal pour la bourgeoisie new look des beaux quartiers.

En effet il ne sent pas le formol comme Bernadette Chirac, il ne sent pas (encore ?) les affaires comme Tibéri, il ne sent pas la conviction comme Bayrou, non, c’est l’Homme idéal pour les oligarques. Uniquement agité par une ambition personnelle, il fera la politique des puissants pour peu que ses puissants le fassent élire. Elle est là, la seule cohérence du personnage.

Connecté aux intérêts du MEDEF via son frère il fait le forcing pour imposer les "solutions" libérales. Ainsi notre candidat en quête de valises nous affirme-t-il sans rire que pour embaucher, les entreprises doivent pouvoir plus facilement licencier. On dirait du Strauss-Kahn... C’est oublier que ce type de "solutions" est plus ou moins en place depuis bientôt 20 ans et que cela n’a jamais fait baisser le chômage. Mais qu’importe, Nicolas mise déjà sur l’américanisation de la vie politique française : le plus riche l’emporte dans un océan d’abstention...

Autre lobby approché par notre ambitieux : le lobby sioniste. Se croyant toujours aux États-Unis il croit que des organisations "représentatives" peuvent faire voter des groupes importants de gens. Là aussi l’intérêt de la République est bien vite bradé au nom d’une façon américaine de raisonner. Dans la même logique il est favorable à la "discrimination positive". Ses cris d'orfraie à l’Assemblée contre l’antisémitisme n’avait pas d’autres objectifs : montrer à ses amis américains qu’il était près à ethniciser le débat en France pour peu que les réseaux de Bush avancent...

Du reste, toujours en accord avec certains politiciens américains, il ne cesse de souhaiter que la France utilise les "méthodes" américaines. Comme tous les ignorants, il confond le cinéma d’Hollywood et le monde réel, l’élection de G. Bush et la démocratie...

Lui qui est si bavard, pourquoi ne dit-il pas franchement son sentiment sur l’adhésion de la Turquie (État pro-américain) à l’Europe ? Pourquoi reste-t-il muet quand Chirac s’oppose aux USA sur la scène internationale ? Chirac (politicien suspect depuis l'escroquerie intellectuelle de la "fracture sociale") a tous les défauts possibles, mais il a su éviter à la France de glisser dans les guerres barbares des pétroliers US. Qu’en sera-t-il avec Sarkozy, le communiquant intermittent ?

Bref, plus on voit, plus on entend N. Sarkozy, moins on en sait sur lui, ses réseaux, ses projets. Rappelons-le, l’ambition ne tient pas lieu de projet ; alors, dans l’espoir de percer, il se vend à ceux qui soufflent les vents dominants. Et le hamster court dans sa roue : copains du MEDEF, copains de la télé, copains des journaux, etc.

Après B. Tapie, Cohn-Bendit ou encore Balladur (le vieux laid libéral, il est à souhaiter que les Français se dispensent de se donner un nouveau Chirac des années 80, c'est-à-dire faussement branché, libéral/patronal et à l’ambition insoutenable.

 

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