2000-2010, le krach de l'Occident

Bush II, symbole d'un Occident en faillite


1. Le net déclin de l’empire états-unien

En 2000 la guerre froide est finie depuis déjà 10 ans.
Au sommet du « nouvel ordre mondial » règne les Etats-Unis qui surfent encore sur la vague des nouvelles technologies. Or, les élections présidentielles de cette année 2000 traduisent déjà une faiblesse profonde du pays : son système politique. Pour départager Albert Gore et George W. Bush, la démocratie américaine prend de curieux chemins fait de fraudes, de trucages, de votes électroniques biaisés, etc. Finalement, fort de solides appuis dans l’appareil d’Etat Bush II s’impose et doit prendre en pleine tête le tsunami des attentats du 11 septembre 2001.
Refusant d’y voir le signe d’un monde complexe et d’une révolte sourde contre les maîtres du monde, l’administration Bush percluse de néo-conservateurs exploite le choc émotionnel dans la population et décide d’attaquer deux pays musulmans : l’Afghanistan (2001) et l’Irak (2003). Les profits du complexe militaro-industriel seront colossaux !
Redoutant une fuite en avant bien des nations rejettent l’invasion de l’Irak. L’ONU décrète que la guerre sera illégale et Paris, Moscou et Pékin s’opposent au Conseil de Sécurité à cette aventure militaire, la puissance états-unienne de la première guerre du Golf a déjà disparue.

Mensonges, tueries et corruption, le bilan de la guerre de 2003

Aujourd’hui on sait que l’Irak n’avait ni rapport avec Ben Laden ni armes interdites. On constate aussi que le pays est ruiné, nullement libéré de la violence et que l’extrémisme et la corruption auront été les seuls à profiter de cette guerre qui a coûté la vie à des centaines de milliers de gens (dont plus de 4 400 soldats états-uniens)… Pour les Etats-Unis l’échec est presque complet.
En Afghanistan les Talibans sont, presque 10 ans après l’invasion, plus puissants que jamais. Chaque jour des soldats occidentaux et des civils meurent sur place pour une politique sans boussole et sans résultat autre qu’un Etat miné par les divisions, les violences et les fraudes en tout genre.
L’empire américain est aujourd’hui sur la défensive, pris aux pièges de sa brutalité.
Il en va de même dans sa géopolitique non violente. Depuis 2000 l’Amérique du sud s’est largement émancipé de la tutelle de Washington. Rares sont les alliés sûrs dans la région. Les grands pays latino-américains sont désormais réellement indépendants et décidés à le rester, d’où de bons rapports avec la Chine ou l’Iran.
Même constat de recul en Asie où la Chine a le dernier mot sur tous les plans.
La Corée du Nord ou la Birmanie sont des alliés indirects que Pékin soutient pour éviter tout encerclement de la mère patrie. Elle entretient des rapports corrects et cordiaux avec des voisins régionaux de moins en moins attachés au « soutien » américain (Thaïlande). Là-bas, seul un Japon en crise démographique et une Corée du Sud inquiète restent dans le giron us.
Et que dire de l’Iran ? Ennemi officiel de Bush II qui, aujourd’hui, poursuit son programme nucléaire avec le soutien discret mais réel de tous les pays en développement comme la Chine, le Brésil ou la Turquie.
Même l’allié israélien est un épine dans le pied de l’empire états-unien. Complètement obsédés par le « grand Israël » les élites sionistes refusent toute négociation honnête avec les Palestiniens et ignorent superbement les conseils de B. Obama. A tel point de Washington a officiellement renoncé à l’abandon de la colonisation comme condition du dialogue (décembre 2010)… On ne peut guère prouver de façon plus nette que Nétanyahou crie plus fort qu’Obama. Là aussi, les Etats-Unis perdent une précieuse occasion de soutenir le Droit et la justice, notions qu’ils manipulent pourtant fréquemment.
Rejeté de partout, l’impérialisme us recule face à ses échecs militaires mais aussi face à la force tranquille de pays émergents de plus en plus indépendants. Ces derniers constatent combien les Etats-Unis sont un pays virtuellement ruinés par une économie folle.

 

La Chine, vraie puissance d'aujourd'hui

2. La ruine définitive du néolibéralisme ?
Autre leçon de la décennie : la vague néo-libérale a tout inondé et laisse derrière elle des ruines.
La crise financière de 2008, conséquence de plusieurs décennies de libéralisation, est devenue une crise budgétaire inédite qui met à genoux les pays jadis « riches ». Pour l’Occident libéral c’est l’heure des comptes.
Les « réformes » des années 70-2000 ont ruiné les systèmes de stabilisation mis en place après la deuxième guerre mondiale. L’appât du gain facile et l’accumulation de fortunes colossales sont devenues les buts avoués du système financier international. On retrouve là une hystérie comparable aux années 1920 aux USA ! Une folie spéculative qui avait abouti à 1929. Il en va de même depuis 2008.
Paradis fiscaux pour les riches et les sociétés, spéculations effrénées de toutes les banques, « laissez faire » général des Etats, baisses d’impôts, et privatisations massives ont déstabilisés complètement les bases de l’économie qui s’est mise à piller les petits pour enrichir les gros (système des subprimes). Fonctionnaires, petits entrepreneurs, classes populaires, immigrés, retraités, jeunes… TOUS y ont perdu en revenus, protections ou perspectives. Il est devenu évident que les jeunes n’auront pas la même vie que leurs parents. Ces derniers, désespérés, liquident souvent leur patrimoine par anticipation pour soulager la précarité de leurs enfants. Pour la jeune génération c’est une sorte de no futur entre chômage, précarité et impossibilité de se constituer un patrimoine, vrai acquis des générations précédentes. Apathique, déboussolée, la jeunesse multiplie les rébellions sans cause et ne compte nullement politiquement dans une Europe de plus en plus âgée.

Avec les subprimes l'Occident s'est ruiné lui-même


Impuissants les Etats ne peuvent plus rien pour les classes sociales qui travaillent ou ont travaillé et, maigre consolation, donnent des droits supplémentaires aux individus. Droits souvent très virtuels comme le « droit au logement opposable » ou symbolique comme le mariage ouvert aux homosexuels.
La Chine et bientôt d’autres Etats se mettent à racheter la dette colossale des Etats en faillite comme la Grèce ou le Portugal. C’est déjà le cas pour la dette des Etats-Unis. Bientôt maîtresse de secteurs stratégiques de nos économies la Chine est devenue en 10 ans le pays le plus puissant du monde, non bêtement militairement comme les USA mais subtilement en s’imposant là où l’Occident n’est plus hégémonique : en Afrique, avec les matières premières, en Asie Pacifique… La Chine réussit là où l’URSS a échoué, c’est à dire créer un réseau indépendant de l’Occident.
La décennie qui débute va être celui d’une Chine revenue d’un siècle de déclin.
Bien que passée au capitalisme, elle n’a nullement réduit le rôle de l’Etat qui contrôle encore les leviers centraux de l’économie. En Chine la banque centrale n’est pas « indépendante », mais au service des autorités qui, par exemple, sous-évalue leur monnaie pour favoriser les exportations ou pratique le protectionnisme. De même les grandes sociétés ne sont pas au service d’actionnaires étrangers mais encore liées à l’Etat et à sa politique souverainiste.
Le néolibéralisme qui a ruiné l’Occident n’a jamais été en cours à Pékin…


3. Traités européens = prisons des peuples
En 2000 l’euro a remplacé pas mal de monnaies européennes.
La politique menée pour aboutir à ce nouveau « deutch mark » a terriblement coûté à la France. La politique du « franc fort » menée par Bérégovoy / Mitterrand a débuté la désindustrialisation de la France. L’Allemagne réunifiée a bénéficié seule de cette monnaie forte qui a plongé la France et les autres pays de la zone euro dans le chômage (Espagne) ou l’endettement (Irlande).
La « constitution européenne » et plus encore le « traité de Lisbonne » ont été imposés aux peuples qui réalisent la gigantesque arnaque de la construction européenne.

Les traités européens sont imposés aux peuples

"Les réformes Schröder ont brisé la cogestion du capitalisme rhénan.

C’était le début de l’appauvrissement des classes moyennes"

Machine anti-communiste avant 1989 l’Europe est aujourd’hui une mafia libérale dont la seule finalité est de démanteler les Etats pour favoriser les intérêts des multinationales anglo-saxonnes ou chinoises.
Les bureaucrates de Bruxelles sont ouvertement liés aux lobby patronaux et libre-échangistes : ils téléguident la Commission et le Parlement qui multiplient depuis des années les directives et autres textes qui réduisent systématiquement les protections sociales (directive Bolkestein). Partout les acquis sociaux ont été réduits et la vie est devenue plus dure. Y compris pour les classes moyennes ! L’Allemagne a montré l’exemple avec les réformes Schröder qui ont brisé la cogestion du capitalisme rhénan. C’était le début de l’appauvrissement des classes moyennes…
Quand les banques ont fait faillite en 2008, la même Europe a imposé un plan de « sauvetage » payé par les contribuables. Contribuables sommés de subir une « rigueur » qui accentue encore les inégalités sociales. Là aussi, les classes moyennes paient le prix fort alors que les plus aisés peuvent légalement migrer fiscalement.
Entre 2000 et 2010 l’Europe a perdu sa feuille de vigne. Les peuples comprennent petit à petit que depuis le traité de Maastricht (1992 : monnaie unique + libéralisme) l’Europe est un espace de libre-échange géant où l’être humain est oublié au profit du consommateur et du spéculateur.

La décennie 2000-2010 aura servi de virage à l’Occident. L’euphorie libérale de l’après guerre froide est finie. La puissance américaine est enfin ruinée ! Le monde est plus multipolaire que jamais et les petites nations émergentes ne seront plus les valais de Washington.
Ecrasées par le vieillissement de la population et son appauvrissement évident, les classes moyennes se voient euthanasier par des politiques mondialistes. Pour l’instant elles courbent l’échine qui sait si demain elles ne vont pas se révolter.

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