Pourquoi le Bangladesh ?

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La révolution industrielle...

2016 sera l'année où le Bangladesh a basculé franchement dans le terrorisme islamiste. Mais dès 2005 un attentat suicide avait secoué le pays.

Après plusieurs meurtres commis par des extrémistes (isolés ?) voilà que la prise d'otages sanglante d'étrangers en juillet 2016 a fait éclater la vérité : Daesh-Bangladesh est une réalité. Seuls les officiels semblent nier la réalité en accusant leurs opposants locaux... Pathétique discours qui traduit un conflit politique larvé au somment de l'Etat !

A dire vrai Daesh a une antenne sur place depuis des mois. Comme dans le Sinaï ou ailleurs un groupuscule local ultra-violent a "prêté allégeance" à Daesh et agit pour se faire une place sur le marché de la terreur. Comme ailleurs Al Qaïda (qui a aussi une filiale là-bas) sert de concurrent et de modèle. Rappelons la proximité politique et géographique avec l'Inde, autre ennemi prioritaire des islamistes. De manière générale, le pays est très violent concernant la politique. Les dernières législatives, boycottées par l'opposition, a fait des dizaines de morts. Nous y reviendrons.

Reste à expliquer pourquoi le Bangladesh est, d'un coup, un nouveau territoire pour le cancer djihadiste.

"Le pays est en pleine révolution industrielle"

Le pays est en pleine révolution industrielle : avec une population qui a triplé en moins d'un siècle des millions de ruraux sans terre sont venus peupler les villes déjà insalubres, ces villes ressemblent à la Londres de Jack l'Eventreur ! Certaines sont vulnérables aux innondations courantes et importantes dans le delta du Gange. Partout règne la précarité qu'elle soit sociale ou climatique.

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Un développement chaotique 

Depuis 15 ans le pays a misé sur les industries textiles pour donner du travail à ces millions de gens jeunes et peu formés. Le modèle est celui de l'Europe du XIX°s ou de la Corée du Sud du XX°s : échanger très bas salaires contre modernisation industrielle. Sur le long terme ça peut marcher mais en attendant le pays est plus que déstabilisé...

En effet pour 50 dollars mensuels des travailleurs (et surtout des travailleuses) s'échinent pour des multinationales de l'habillement. Souvent au péril de leur vie. Rappelons l'effondrement du Rana Plazza en 2013 qui coûta la vie à plus de 1 000 personnes. Et les accidents restent quotidiens !

Comme en Europe au XIX°s des organisations et syndicats de gauche tentent de changer les choses, mais l'Etat est aux mains des barons du textile et toute agitation sociale est sévèrement réprimée... En effet, pour la bourgeoisie locale l'enjeu est d'éviter toute révolution et toute redistribution des royalties... Cela fait de la place pour le désespoir et son corrolaire islamiste. Le terrorisme est l'enfer dont le supermarché est le paradis ! Le parti des travailleurs (communiste) n'a que 6 députés sur 300. Quant au principal parti d'opposition le BNP il n'a aucun député du fait de son refus de participer aux législatives. Le BNP pesait 47 % des voix en 2001 !

Le parti islamiste national n'est pas autorisé à se présenter et son leader, Motiur Rahman Nizami, a été pendu pour avoir commis des exactions lors de la guerre d'indépendance. Il dirigeait alors une milice pro-pakistanaise à l'époque...

Motiur Rahman Nizami, islamiste et criminel de guerre

Dans une société traditonelle rurale violemment secouée par l'industrialisation le chaos est permanent dans toutes les classes sociales : en effet les terroristes de la prise d'otage étaient des fils de bonne famille récemment radicalisés ! Quand les changements s'enchaînent trop vite la société bug, comme un cerveau. 

les terroristes de la prise d'otage étaient des fils de bonne famille

L'islamisme terroriste est minoritaire mais le désordre latent dans le pays le rend fort. Comment faire de la politique quand on survit à peine ? Rappelons que la densité de peuplement est là-bas de plus de 1 100 hab / Km² ! La natalité est devenue faible mais depuis peu de temps. Comme en Syrie aujourd'hui les jeunes (possibles militants violents) sont très nombreux en proportion et tous ne peuvent pas accéder au minimum vital. L'analphabétisme est varibale selon les régions et le niveau de richesse, mais serait d'environ 50 %. Sans services publics émancipateurs tout discours haineux est audible.

Partout où des groupes armés islamistes sévissent la natalité est ou était très forte et les élites sont incapables de gérer le pays dans l'intérêt commun. Par exemple les deux partis politiques dominants du Bangladesh, la Ligue Awani au pouvoir et le BNP sont dirigés par des femmes de la famille d'un chef de l'indépendance. Ces réseaux s'opposent violemment tandis que les organisations ultra lorgnent sur les millions de jeunes exclus ou indifférents aux élections.

Une riposte sécuritaire est le minimum mais là-bas les milliers d'arrestations touchent surtout... des militants des partis d'opposition ! Les autorités accusent le BNP et les islamistes locaux d'être derrière les violences. Rien sur Daesh... La vraie riposte doit être sociale, or, on en est loin.

 

 

Date de dernière mise à jour : 06/07/2016

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