L'homme qui aimait les chiens


Le livre de L. Padura, L'homme qui aimait les chiens, nous plonge dans la noirceur absolue de l'entre-deux guerres.

Entre ces deux géants du XX°s, un même amour pour les chiens et la révolution

On s'enfonce sur 700 pages dans le destin de deux figures du communisme, celle de Trotsky, prophète de 1917 et celle de Mercader, son assassin de 1940. Entre ces deux géants du XX°s, un même amour pour les chiens et la révolution, mais surtout un gouffre creusé par la figure démoniaque de Staline.

En effet, le "petit père des peuples" est le troisième personnage clef de cette période sinistre où les compagnons de Lénine sont tous un à un liquidés et où une tyrannie brutale et incompréhensible s'abat sur la jeune URSS. Généralement résumée en quelques lignes dans les livres d'histoire, cette période prend chair sous la plume de l'auteur cubain qui règle, au passage, des comptes avec le castrisme des années 70.

Ramon Mercader, figure du sicaire à la fois fanatique

et passionné par l'idée d'un monde meilleur

Sur fond de montée du nazisme et de risque de conflit mondial la guerre d'Espagne fait émerger un certain Ramon Mercader, figure du sicaire à la fois fanatique et passionné par l'idée d'un monde meilleur. C'est ce même Mercader qui hante La Havanne des années 70, quand, vieillard esseulé il rumine son passé terrible...

Autant que possible le roman est un livre d'histoire sur la fin de Trotsky, terrible bolchévique qui attend son funeste destin dans une villa forteresse au Mexique, entouré de sa femme et de quelques partisans, tous écrasés par la propagande stalinienne qui invente mille et un mensonge pour noircir l'un des chefs bolchéviques les plus importants de l'Histoire.

A 60 ans Trotsky a à peine le temps de se poser quelques questions sur Jacques Mornard, amant d'une de ses secrétaires, avant de sucomber à une attaque aussi lâche que cruelle. On atteint alors un sommet de dramaturgie déjà touché par la liquidation complète de la famille de Trotsky restée en URSS ou en Europe. Seuls sa femme et son petit-fils lui survivront.


Toute cette histoire était bâtie sur des mensonges

Libéré après 20 ans de prison Mercader arrive dans une URSS où on le décore discrètement avant de lui intimer l'ordre de se taire. Réapparait alors Kotov, celui qui avait préparé Mercader à son attentat pour lui dire quelques dernières vérités... Mercader réalise alors ce qu'il avait déjà deviné : que toute cette histoire était bâtie sur des mensonges. Trotsky n'était nullement un traître et Staline avait laissé tomber l'Espagne républicaine pour mieux négocier avec Hitler entre deux purges.

A la fois protégé et surveillé Mercader finira ses jours à Cuba, perclus de maladie et de regrets. En prison au Mexique il avait même lu des livres de Trotsky et avait été finalement convaincu par ses arguments contre Staline, fossoyeur de la Révolution !

Reste à espérer que certains terroristes du XXI°s suivent le même chemin car malgré l'irréparable mieux vaut tard que jamais.

 

Date de dernière mise à jour : 25/09/2013

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