''la carte et le territoire'' roman

La carte et le territoire

une autobiographie de M. Houellebecq

Evénement et performance

Michel Houellebecq, étoile éteinte de la littarature ?

    La sortie d’un roman de M. Houellebecq est toujours un événement pensé, préparé et servi par sa maison d’édition, Flammarion. Il s’agit toujours d’un « coup » médiatique car M. Houellebecq c’est avant tout un auteur que l’on connaît, qu’on lit ou tout au moins qu’on achète bien au delà des habitués des bibliothèques.

   C’est la rançon d’une stratégie de communication bien rodée depuis son deuxième roman Les particules élémentaires (1997) où le thème de l’eugénisme (par ailleurs peu présent dans le livre) avait défrayé la chronique. Même agitation avec Plateforme (2001) où l’auteur avait traité l’islam de « religion la plus con », là aussi : scandale mondain, agitation et… publicité maximum !

   Reste donc à savoir si cet auteur a finalement encore quelques chose à dire après Les possibilités d’une île (2005), vraiment raté, comme une mauvaise photocopie de ses livres précédents. Son premier roman, sorti dans une quasi indifférence en 1995, était pourtant révolutionnaire ; Extension du domaine de la lutte était une sorte d’OVNI littéraire : roman court, fulgurant, agréable à lire ; il décrivait une ambiance libérale pourrie, une lutte feutrée mais réelle de tous contre tous avec la drogue, le sexe et la dépression comme échappatoires illusoires. Avec Les Particules… et Plateforme il poursuit son étude du libéralisme contemporain, mais la dimension autobiographique, déjà très présente en 1995, se renforce ; même travers en 2005 avec Les possibilités d’une île.

   Car ses romans sont des autobiographies maquillées à la manière de Breat Easton Ellis qui, dans ses œuvres, se raconte à travers des aventures mi-vécues, mi-fantasmées. Même chose chez Houellebecq qui, a abandonné toute révolte pour une description ironique et plutôt consensuelle des élites. C’était complètement absent de Extension du domaine de la lutte qui montrait son quotidien d’informaticien de base, dépressif et esseulé.

A-t-il encore quelque chose à dire ?

   L’auteur se répète et, le monde littéraire s’étant habitué à son style, il n’arrive plus à surprendre d’ou sans doute ses écarts sur l’islam hier ou sa réputation d’épave lumineuse aujourd’hui qu’il fabrique dans La carte et le territoire. Or, là aussi, on se demande bien où il veut en venir en racontant la destinée d’un photographe qui devient célèbre et richissime sans vraiment l’avoir cherché entre un père mourrant et une relation  avec Houellebecq lui-même comme personnage de son roman ! Même l’histoire d’amour avec une russe forcèment belle est fade et sans suite.

   Et que dire des digressions savantes sur William Morris et autres intellectuels tombés dans l’oubli ? Que penser de son éloge de JP Pernault, ironie cuisante ou hommage à la télé poubelle ? Même sa description d’un Le Lay ivre ne mène nulle part. Bien sûr vers la trois centième page le roman glisse vers l’enquête policière mais est-on obligé de subir la description de la stérilité du chef de l’enquête et sa passion pour les chiens ? Seule « originalité » du roman, l’absence totale de scènes érotiques qui, sans ses précédents livres, distrayaient quelque peu. Faut-il y voir un autre épisode autobiographique ?

   La fin du roman poursuit un mélange de banalités confondantes et de scènes vaguement amusantes comme cette conversation entre l’artiste Jed Matin et un loueur de quad qui peint. Le résultat du travail est nul bien sûr, le narrateur y voit p. 418 des "autofictions, des autoportraits imaginaires''. N’est-ce pas ce que Houellebecq fait à longueur de romans ?

Sur les pitreries du "prix" Goncourt, le commentaire de P. Assouline

Une analyse de 2005 sur M. Houellebecq

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