Le sexe, l'homme et l'évolution (livre)

Le sexe, l'homme et l'évolution de P. Picq et P. Brenot


Difficile objectif que se sont fixés P. Picq (paléoanthropologue) et P. Brenot (spécialiste du couple). Ils ont tenté dans leur livre de raconter l'évolution de la sexualité humaine.Pour cela P. Picq remonte aux premiers hommes ainsi qu'aux actuels grands singes, cousins génétiquement très proches de l'Homme. Qu'en ressort-il ? A dire vrai pas grand chose. C'est la grande déception du livre car sorti de quelques généralités sur les origines de l'Homme, la question centrale n'avance guère... Il faut dire que les rares vestiges des premiers humains sont rares et la science qui les étudie encore imparfaite. Du coup on passe d'un vieux squelette à un autre sans que la sexualité ne soit réellement abordé. De toute façon comment déduire les rapports sexuels de nos lointains ancêtres avec seulement trois os plurimillénaires ?

la question centrale n'avance guère...


Il ressort de l'étude des grands singes quelques points communs avec l'Homme, certains chimpanzés (les fameux bonobos) ont une sexualité presque identique à la nôtre, c'est à dire qui déborde de la simple technique de reproduction pour devenir une sorte de culture : couples stables, infidélité, polygamie, homosexualité, masturbations et autres sont des pratiques possibles chez nos cousins, mais cela n'explique guère les spécificités de la sexualité humaine comme la disparition de l'os pénien ou la grandeur énorme du sexe en érection (rappelons que le gorille d'environ 2 m de hauteur a un sexe de... 3 cm en érection !). De plus, il demeure des inconnues tenaces comme la fonction de l'orgasme féminin ou la nature de la première forme de famille.Dans la nature les singes polygames ont de fortes différences physiques entre mâles et femelles. C'est le cas des gorilles qui règnent du haut de leurs deux mètres sur des « harems » de femelles minuscules. Or, premièrement la polygamie n'est pas une sinécure pour les mâles, les études montrent que les dominants passent leur temps à surveiller les femelles et combattre les rivaux. Du coup, la mortalité due au stress est maximum ! Deuxièmement les rapports sexuels sont rares et très rapides.Or les Humains ont encore des traces de dimorphisme hommes / femmes. Faut-il en conclure que l'Humanité fut massivement polygame ? Rappelons que la polygamie réelle ou de droit demeure active dans de nombreuses contrées. Reste à savoir si elle génère autant de  stress que chez les gorilles...De même d'où vient la « réceptivité sexuelle permanente » des femelles humaines ? Bien peu de femelles mammifères sont ainsi disponibles. Généralement une courte période agite les partenaires et plus rien le reste de l'année. Se peut-il que cette étrange spécificité de la Femme explique la nature de l'Homme ?

Le rôle de l'argent n'est jamais abordé dans la sexualité humaine

Le livre aborde ainsi bien des questions sans y répondre et surtout en entourant les débuts de réponse de répétitions et de digressions fréquentes dans ce genre de livre sérieux mais grand public. Ainsi le rôle de l'argent n'est-il jamais abordé dans la sexualité humaine, or, c'est devenu LE facteur de puissance et de domination dans notre société. Les rapports entre les classes sociales sont fondamentaux pour expliquer la sexualité humaine, or, cela n'apparaît pas dans le livre. Qu'en serait-il si les singes avaient inventé le capital ?

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