Philip Dick (biographie)

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Une biographie d'E. Carrère

Philip Dick est mort à l'âge de 53 ans en 1982. C'est encore un maître de la science-fiction et ses livres ou nouvelles ont inspiré quantité de films à gros budgets. Rappelons pour mémoire Blade runner, Minority report ou encore Ubik...

A la fin de sa vie tourmentée par les thèmes qui l'ont rendu célèbre il a obtenu une certaine reconaissance de la part de l'intelligentsia mondiale : à ses origines petit écrivain peu reconnu il a, au détour des années 70, été considéré comme un précurseur et presque un lanceur d'alerte. En effet son oeuvre est souvent travailllée par le thème de la surveillance, de la tromperie et surtout de la domination de maîtres cruels et cachés. Des thèmes issus du gauchisme occidental des années 60 qui irriguent encore les allumés actuels que se soit les marginaux d'extrême-gache ou les islamistes connectés. Politiquement Dick ne fut pourtant pas un "engagé" car si il fréquenta les cercles contestataires de Berkeley il n'adhéra jamais à aucune organisation.

Certes les pouvoirs états-uniens (Nixon ou la NSA) furent menteurs, manipulateurs et superficiellement démocrates mais jamais les obcessions de Dick ne furent validées.

Alors qu'il devenait de plus en plus célèbre après un article de la revue Rolling Stones, l'auteur iconoclaste entamait la dernière partie de sa vie écourtée par un cerveau fatigué par l'abus de drogues de toutes sortes. Même plus sobre après une sévère cure de désintoxication Dick s'enfonça dans une paranoïa de plus en plus irréversible.

Sa vie privée fut comme sa vie littéraire : répétitive et oscillant entre espoirs et brutales désillusions : il eut cinq femmes qui furent toutes plus jeunes et plus équilibrées que lui avant de fuir ses poussées paranoïaques parfois extrêmes : ainsi réalisa-t-il d'un coup que Nixon était communiste et que le KGB cherchait à le pièger. Plus tard il se révéla chrétien en butte à l'antechrist avant de se penser prophète du "vrai" christianisme : c'est le discours qu'il tint à Metz qand il fut l'invité d'honneur d'une rencontre sur la SF. Inutile de préciser que le public qui attendait un maître de la SF fut très déçu par le meeting religieux qu'il leur asséna !

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Dick à Metz en 1977

Finalement, c'est une attaque cérébrale qui réussit là où deux tentatives de suicide ont échoué.

Dès lors on peut se demander pourquoi son oeuvre eut un succès d'autant plus grand après sa mort. En effet sa science-fiction se révèle démodée aujourd'hui lui qui n'avait pas prévu ni internet ni les portables mais misé sur la colonisation du système solaire dans les années 90... 

A dire vrai il la confusion de ses thèmes et l'obcession des vérités cachées et totalitaires collent bien plus aux années 2000 qu'aux années 70 : la guerre froide était beaucoup plus claire et nette que la confusion actuelle où l'adversaire n'est pas le communisme soviétique connu mais bien l'ennemi intérieur. L'allié apparent (par exemple l'Arabie Saoudite) qui tire les ficelles d'un jeu pervers (Al Qaïda). Et que dire de certaines multinationales ? Elles distillent aujourd'hui un totalitarisme symbolique et environemental bien pire qu'il y a 30 ans.

Ainsi la folie confuse dickienne qui irrige ses livres est-elle plus en phase avec notre époque qu'avec la sienne.

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Dans le film "total recall" (1990) des souvenirs artificiels 

révèlent la vérité au héros...

Date de dernière mise à jour : 22/04/2016

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