Marine Le Pen est-elle crédible ?

Pour anéantir les soupçons d’antisémitisme elle envoie des signaux assez prononcés

en direction non pas des français juifs mais plutôt en direction des milieux sionistes

Rendons grâce à Marine Le Pen de vouloir « modernisé » le Front National. 

Insultée, calomniée et combattue par la frange la plus dure du FN elle fait le ménage depuis qu'elle en est présidente. Ainsi des proches de B. Gollnish sont-ils exclus après la moindre provocation néo-nazie. Elle répète ainsi partout que l’extermination des Juifs pendant la seconde guerre mondiale est le summum de l’inhumanité, etc.

Marine Le Pen démaurassise donc le FN et c’est tant mieux. Mais pour en faire quoi ? C’est toute la question. 

Créditée d’environ 20 % des voix en 2012 elle souhaite ouvertement participer au pouvoir sous une forme ou sous une autre. Très critique face à un Sarkozy qui avait siphonné les voix de son père en 2007, elle ne souhaite nullement faire comme Le Pen père, c’est à dire jouer l’épouvantail de service. Dans cette perspective de mutation aboutie, elle ratisse large. Très large. Pour anéantir les soupçons d’antisémitisme (réels très longtemps) elle envoie des signaux assez prononcés en direction non pas des français juifs mais plutôt en direction des milieux sionistes, sensés influencer les juifs de France...

Aux USA elle a rencontré brièvement l’ambassadeur israélien à l’ONU, une personnalité qui défend allègrement les violations du droit international par l’Etat hébreu. Et cela n’a posé de problèmes à personne. Plus net encore, elle a été reçue longuement en Californie par un ponte de l’AIPAC, le lobby sioniste qui finance, menace et censure les politiciens états-uniens qui ont l’outrecuidance de ne pas s’aligner sur la droite israélienne. On ne saurait être plus clair : Marine Le Pen veut prendre le virage de l’extrême-droite européenne qui abandonne toute critique des Juifs (ou d’Israël) pour exploiter une islamophobie rampante dans nos démocraties vieillissantes.  Ainsi le discours du FN change selon l’air du temps. Ultra-libéraux hier voilà les frontistes adeptes de l’Etat régulateur (sic). Soit. Antisémites hier, les voilà muets sur le sionisme.

Mais il demeure un fond de xénophobie qui reste à la fois le ciment du parti et la faiblesse d’une organisation qui multiplie les amalgames contre les « musulmans » ou les « immigrés ». Or ces potentiels ennemis de l’intérieur ne sont que des étiquettes comme « patrons » ou « fonctionnaires ». Autrement dit ça parle à tout le monde, mais ça ne résout rien.

Le FN de Marine Le Pen ce n’est donc plus l’extrême-droite à papa, mais plutôt un appareil politicien qui cherche à ratisser large pour avoir accès au gâteau électoral sans même savoir quoi en faire, là aussi c’est une tendance de fond en Europe.

Date de dernière mise à jour : 31/12/2011

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