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Questions sur la guerre de Poutine

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Pour Poutine, la victoire impossible ?

Pour Poutine, une victoire à la Pyrrhus ?

Si le rapport de force strictement militaire est en faveur de l’agresseur il est certain que la « victoire » sera uniquement temporaire, partielle et surtout très coûteuse : avec des dizaines de morts par jour (que les autorités cachent) et des pertes matérielles substantielles la Russie va vite être presque aussi exsangue que sa proie : la résistance ukrainienne est si forte et le soutien militaire occidental si massif que Poutine se retrouve ipso facto dans la situation des Soviétiques en Afghanistan après 79, c’est à dire dans une sorte de piège géopolitique géant sans issue sinon le recul… Le plus tôt sera le mieux car le coût humain, militaire et géopolitique de cette guerre est aussi faramineux que le coût économique car les sanctions décidées après l’invasion ont, en quelques heures, fait plonger la bourse russe, le rouble et coupé le pays des principaux circuits financiers internationaux. Les Oligarques traqués jusqu’à Monaco et en Suisse vont très certainement se désolidariser de cette guerre qui fait fondre leurs avoirs… Leurs fortunes auraient déjà maigri de 100 milliards (!) et aucun d’entre eux n’a repris le refrain officiel.

Cela rappelle la fin de l’URSS

Plus que jamais le régime de Poutine est une dictature qui ne se cache plus : face au mécontentement de la population les polices de Poutine ne savent que réprimer, assassiner, bâillonner et enfermer. Cela rappelle la fin de l’URSS quand seul un appareil de « sécurité » tenait un pays qui ne croyait plus aux discours officiels. Il en est de même aujourd’hui où une poignée de marionnettes officielles soutienne une guerre que personne ne comprend, surtout pas les soldats de base jetés dans un conflit fratricide surréaliste.


L’armée russe est-elle faible ?

Vraie ou pas il est dit que « l’opération militaire » de Moscou devait faire tomber l’Ukraine en quatre jours : l’armée ukrainienne était vue comme faible et divisée… comme en 2008 et 2014 où la Russie avança facilement et bénéficia même de désertions ! La situation a radicalement changé : avec des moyens renforcés, mobiles, motivées et unanimement soutenues les forces ukrainiennes infligent des pertes significatives aux Russes. Ceux-ci apparaissent lourds, mal ravitaillés, peu mobiles tels un lent rouleau compresseur périodiquement en panne... Des rumeurs de désertions et de refus d'obéir circulent...

A Moscou les magasins se vident, l’argent liquide se fait rare et les devises étrangères disparaissent

Le redressement de l’armée russe initiée après la guerre en Géorgie de 2008 est partiel et surtout n’a jamais fait face à un adversaire sérieux. Il ne reste alors les bombardements qui font passer Poutine au pire pour un barbare au mieux comme le maître d’une aviation qui ne sait pas viser... Les libérateurs ont une piètre figure surtout que le moral des troupes est bas devant la résistance des « frères » slaves. A Moscou les magasins se vident, l’argent liquide se fait rare et les devises étrangères disparaissent. Très vite la faiblesse militaire va rejoindre la faiblesse économique alors même que les familles des jeunes militaires expédiés au front angoissent sur les réseaux sociaux.


L’Ukraine est refondée

Poutine a souvent affirmé que l’Ukraine n’est pas un État, pas un pays, juste une annexe de la Russie. En voulant la faire disparaître il va obtenir le résultat inverse. Certes la zone est de culture russe depuis longtemps mais les Suisses ou les Belges accueilleraient-ils favorablement une invasion de l’armée française ? Il en est de même en Ukraine : l’avancée des Russes n’est nulle part facile et se fait dans les zones plutôt russophiles, or la résistance y est aussi vive qu’ailleurs ! Personne ne veut vivre dans une nouvelle URSS notoirement injuste, corrompue et militarisée.

Personne ne veut vivre dans une nouvelle URSS notoirement injuste et corrompue

La nation ukrainienne est donc littéralement refondée par cette agression inexcusable et injustifiable. Vague marge de l’Europe, suspecte de par sa corruption l’Ukraine est aujourd’hui une sorte de Grande Bretagne de 1940 résistant fièrement à un tyran hors de contrôle. Même si la réalité est sans doute plus nuancée c’est tout de même l’impression qui domine.


Les anti-russes avaient-ils raison ?

Quand l’Irak a envahit le Koweït ou quand les USA ont envahi l’Irak les discours hostiles à ces pays ont été validés. Même constat avec la Russie : ceux qui, bien ou mal intentionnés, redoutaient l’ours russe apparaissent aujourd’hui comme des prophètes lucides et non des BHL en live. Défendre jadis Poutine comme un « homme d’État », un « patriote » ou un contre-poids aux USA était un très mauvais calcul. Accroché au pouvoir depuis des années avec les recettes dignes de toute tyrannie il semble avoir lancé son armée seul au nom d’un discours nationaliste complètement paranoïaque. Voir des Nazis en Ukraine revient à donner de l’importance à des groupuscules faisant moins de 2 % aux élections, rappelons que le président Zelinsky est d’une famille juive…

Voir des Nazis en Ukraine revient à donner de l’importance à des groupuscules

Si l’avancée de l’OTAN à l’est a été une erreur cette même avancée apparaît aujourd’hui validée par l’agression de Poutine. Un comble qui ferait presque penser à un piège dans lequel Vladimir le parano est tombé...


Que peut la Chine ?

Présentée souvent comme une alliée de la Russie l’Empire du Milieu est plutôt un partenaire. C’est à dire que les intérêts de Moscou et de Pékin ne coïncident pas toujours. Face aux USA il est facile de faire front commun, mais cette guerre n’est pas perçue comme une cause chinoise : le réarmement et l’unité nouvelle de l’Europe face à la menace russe ne fait pas les affaires de la Chine qui apparaît comme une autre menace potentielle (espionnage, cyberguerre…). Comme la Russie la Chine est forte militairement quand elle se défend, pas quand elle attaque (guerre de Corée). Pékin est consciente du vieillissement de sa population et du dilettantisme de sa jeunesse qui n’est pas prête à servir de chair à canon... De plus Kiev était un bon client pour les marchandises chinoises.

Poutine le Patriote pourrait devenir un simple obligé des Chinois

S’étant abstenu au moment du vote de l’ONU sur l’invasion (146 contre, 35 abstentions et 5 pour) la Chine pourrait servir d’intermédiaire tout en achetant à prix bradé le gaz russe. En effet quand l’Iran a été isolé de l’économie mondiale Pékin avait obtenu des prix cassés et même le droit d’envoyer des militaires en Iran. Poutine le Patriote pourrait devenir un simple obligé des Chinois. Le PIB chinois est dix fois supérieur à celui de la Russie… L’option chinoise n’est qu’une fausse roue de secours, coupée du marché euro-américain la Russie ne peut pas compenser aisément avec la Chine.


Naissance de l’Europe puissance ?

Divisée, travaillée par des contradictions diverses l’UE en perte de vitesse après le Brexit ou la crise des réfugiés est métamorphosée par l’attaque russe : d’un coup la brutale mise à jour géopolitique rend l’union, le réarmement et le soutien militaire massif à Kiev évident et surtout unanime. Alors que les Allemands hésitaient le mois dernier à fournir des casques aux Ukrainiens (sic) ils ont subitement pris le virage du réarmement (à hauteur de 100 milliards) et appuyé la fermenté française réalisant d’un coup la proximité, l’agressivité et le niveau de dépendance au gaz russe. A contrario les souverainistes de tous poils, toujours opposés à l’UE, se trouvent piégés par leurs sympathies anciennes et naturelles pour Poutine, leur héros d’hier, qui n’est plus qu’un voyou dans la continuité de Milosevic et autres chefs de guerre africains.


L’OTAN est-elle responsable ?

A court terme non, à long terme oui.

Officiellement Poutine intervient car il a la certitude que l’Ukraine est, comme la Pologne, une base de l’OTAN dont la nature est d’être une association anti-russe. Historiquement c’est exact, après 45 l’Alliance a été un club armé des pays anti-communistes qui encercle effectivement la Russie. Après 91 il avait été dit que l’OTAN ne s’étendrait pas à l’est et il avait même été question de la démanteler. Périodiquement des officiers français gaullistes reprennent cette information (par ex V. Desportes). Or, l’OTAN a effectivement avancé ses pions en Europe Centrale avec la Russie dans le viseur. Mais attention, l’OTAN a toujours été une alliance défensive et nullement offensive. Or pour Poutine l’Occident ne veut pas de la Russie et, depuis des années, le discours officiel russe et sa propagande renouent avec le discours de Jdanov qui affirmait après 46 que les USA menaçait la paix mondiale… Certes mais pas plus et pas moins que l’URSS. Les impérialismes se valent dans leur mépris des peuples.

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Mais dans la récente crise en Ukraine l’OTAN a été formellement absente même si depuis 2014 (annexion de la Crimée) l’armée ukrainienne a été renforcée par l’aide occidentale. A présent les Britanniques ne sont plus les seuls à fournir de l’armement offensif à Kiev. Là aussi, l’intervention russe réduit au silence tous les opposants historiques à l’OTAN. Sans comparer Poutine à Hitler, une puissance militairement agressive à l’est consolide automatiquement toute alliance rivale… Qui veut la paix...

Lien Que veut la Russie ?

 


 

Date de dernière mise à jour : 04/03/2022

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